Publié dans Fantasy, Jeunesse

Les âmes croisées – Pierre Bottero

Résumé : Nawel Helianthas vit à Jurilan, le royaume des douze cités. A dix-sept ans, elle est une jeune adolescente riche, prétentieuse et exigeante. Aspirante à l\’école de magie comme ses amis Philla et Ergaïl, elle doit choisir la caste correspondant à son rang social futur. Tout indique qu\’elle entrera, selon le désir de ses parents, chez les prestigieuses Robes Mages. Mais Nawel s\’intéerroge sur la voie qu\’elle doit suivre : après avoir involontairement provoqué la mort d\’une jeune femme et de son bébé, elle prend conscience de nombreux points qui lui posent question dans la vie bien organisée des Jurilans. Et peut-être bien que le choix qu\’elle effectuera à la fin de ses études ne sera pas celui que tout le monde attend…
Avis : Un livre qui m\’a longtemps fait envie. J\’ai lu un peu de Pierre Bottero, il y a longtemps. La quête d\’Ewilan, dont je ne garde que de vagues souvenirs, bien que pas désagréables. Les nombreux avis positifs que j\’ai pu lire sur Les âmes croisées m\’ont donné envie de me replonger dans un texte de cet auteur. 
La trame

La trame qui m\’avait donné envie m\’a intriguée au début. Une société organisée en castes, de la magie, des choses un peu mystérieuses, comme la caste des Armures, dont on ne sait, dans les premières pages, que très peu. Pourtant, et bien que le livre m\’ait réservé quelques passages intéressants, je n\’ai pu me départir d\’un sentiment de déception en tournant la dernière page. Non que le livre ait été mauvais, mais son déroulement m\’a plus d\’une fois désappointée. 
L\’histoire se passe très vite. Nawel apprend beaucoup de nouveaux éléments et change très vite, d\’état d\’esprit autant que physiquement. Le monde que développe l\’auteur est peut-être riche, mais on en perçoit très peu. Je crois que cela correspond en partie à ma déception : pas de grande finesse, on fait dans les grandes lignes et rapidement. Le monde est à peine esquissé ; on sent que l\’auteur veut en dire beaucoup… mais trop d\’un coup. Du coup, on a une foultitude d\’informations, mais survolées, et au final, ma représentation de Jurilan s\’est vite révélée floue, peu précise. Difficile de m\’en imprégner, difficile de m\’y investir. 
Les personnages

La aussi, désappointement. Les personnages sont un brin caricaturaux, et eux aussi trop rapidement esquissés pour m\’être attachée à eux. Le comportement de l\’héroïne est assez puéril. D\’ailleurs, j\’étais, tout le long du roman, persuadée qu\’elle et ses amis avaient 13-14 ans. Rapport aux relations avec ses parents, aux \ »crises\ » de colère qui faisaient très crises d\’adolescence. Jusqu\’à ce que j\’apprenne via la quatrième de couverture qu\’il avaient en réalité dix-sept ans… 
Ce décalage entre comportement et âge des protagonistes m\’a un peu perturbée. Rien ne colle vraiment, et j\’ai trouvé de ce côté-là quelque manque de crédibilité.
Le style

Encore désappointement. Pourtant j\’ai essayé ; comme je le disais au début, je croyais beaucoup dans cette lecture. Mais je n\’ai jamais réellement réussi à rentrer dedans. Pierre Bottero narre son histoire dans un style saccadé. Trop saccadé. C\’est dérangeant. Parfois lassant. Comme là. Comme je suis en train de le faire. A presque toutes les pages. 
Bref, vous l\’aurez compris, cette façon de faire avancer l\’histoire m\’a vite fatiguée. Ce genre de narration peut être intéressant pour faire claquer quelques phrases au moment opportun. Mais répété sans arrêt, la lecture en est parfois devenue presque désagréable. 
Certains passages frôlent le pathos : l\’auteur en fait dix fois trop avec l\’histoire de la jeune mère, des vilains parents et compagnie. Le tout sur fond de réflexions pas très fines sur le sens de la vie, les choix de chacun. J\’ai eu beaucoup de mal.
Le mot de la fin…

En somme, vous l\’aurez compris, j\’attendais beaucoup de ce livre, et j\’en suis ressortie un peu dubitative. Les idées de départ étaient très sympa, je n\’en disconviens pas. Mais je n\’ai pu, de toute ma lecture, laisser de côté ce sentiment d\’incrédibilité et d\’incohérence. Même si, en somme, la troisième et dernière (petite) partie rattrape (un peu) l\’ensemble, non, décidément, Les âmes croisées ne m\’a pas vraiment inspirée.

Bof…

Publié dans Fantasy, Jeunesse

Oscar Pill, tome 1 : La révélation des Médicus – Eli Anderson

Résumé : À douze ans, Oscar Pill, qui vit avec sa mère et son excentrique sœur, apprend qu’il est le fils d’un célèbre Médicus, et qu’il a hérité de ses dons. Il doit alors les perfectionner à Cumides Circle, vénérable demeure où règne la magie, car pour devenir un vrai Médicus, il devra voyager à travers le corps humain et en rapporter des trophées. C’est le début d’un fascinant périple à travers le corps : montagnes gigantesques, océans profonds, peuples extraordinaires, éléments déchainés, guerres terribles, et aussi amitiés indestructibles. Mais ces expéditions vont s’avérer plus difficiles que prévu … Car un terrible danger menace : les Pathologus, ennemis héréditaires attaquent …



Avis : Après avoir lu plusieurs critiques enthousiastes sur les aventures du jeune Médicus, Oscar Pill, j\’ai été tentée d\’aller y jeter un oeil. Eli Anderson met en scène l\’apprentissage de son personnage, âgé de 13 ans, déterminé à suivre les traces de son père.

Ce premier tome n\’est pas dénué d\’intérêt, ni de qualités, mais souffre malgré tout de quelques travers. Le premier des reproches à faire à cette aventure d\’Oscar Pill est contenue dans la critique de 20 minutes citée comme accroche en quatrième de couverture : « Après Harry le sorcier, Oscar le Médicus ». Et c\’est bien là le problème ; si Eli Anderson parvient à introduire des éléments personnels et intéressants dans son récit, on a parfois trop souvent la sensation qu\’il fait aussi dans le « post-Harry Potter », en essayant de réinventer l\’apprentissage d\’un petit sorcier. Des deux copains aux idées loufoques au Grand Chef des méchants en train de réapparaître, en passant par deux amis indéfectibles (un garçon, une fille passant leur temps à se chamailler), un rival très teigneux dont le père paraît suspect, et un Grand Gentil bienveillant et puissant, certains points communs se retrouvent jusque dans la structure de l\’histoire.

Autre gros défaut : la façon dont l\’auteur construit son histoire. Le roman tient certes la route jusqu\’au bout, mais fourmille de petits décalages ou défauts qui ne cessent d\’agacer le lecteur. Les méchants ont la bonne idée de se signaler aux gentils dès qu\’ils entrent en scène : ils sont habillés en noir et rouge, là où les héros sont habillés en vert sapin. Les Médicus sont une organisation secrète qui estampille toutes ses possessions de « M », jusqu\’au appui-têtes de leurs voitures. Certains aspects de l\’histoire font un peu trop jeu vidéo. L\’auteur tente d\’attirer maladroitement l\’attention du lecteur sur des choses trèèèès importantes, mais détourne sans le vouloir l\’attention sur d\’autres éléments de l\’histoire. Par exemple, la première chose sur laquelle j\’ai eu envie d\’en savoir plus a été le cinquième Univers (Cérébra, le cerveau) et l\’animosité de Fletcher Worm (oui, on a aussi un professeur teigneux envers le héros). Durant tout le bouquin, l\’auteur s\’acharne à ce qu\’Oscar veuille absolument savoir comment son père est mort, alors qu\’a priori, il n\’a aucune raison de le vouloir : on lui apprend dès le début qu\’il est mort en tuant le Grand Méchant. Du coup, Eli Anderson casse lui-même son suspens en tentant d\’attirer artificiellement l\’attention du lecteur, qui du coup sait qu\’un truc important va survenir concernant ce fil de l\’histoire.

Ces deux points sont certainement les deux gros défauts du livres. Pour autant, le concept du voyage dans le corps est intéressant. Les personnages sont attachants, notamment Oscar, sa soeur, Violette, leur mère, et Mrs Withers, son « enseignante ». En revanche, je n\’ai pas réussi à vraiment accrocher à Valentine et Lawrence, ou Jérémy et Barth, ses amis. L\’aventure est régulièrement parsemée de petit passages assez drôles, teintés d\’humour anglais, et le côté loufoque de Violette m\’a vraiment séduite. Pour le coup, on sent le côté Luna Lovegood réussi (c\’était d\’autant plus facile que je n\’aime justement pas Luna Lovegood). Entre les « carrés-à-ne-regarder-qu\’une-chose » ou le fait de plonger dans une piscine pour voir « si c\’est mouillé jusqu\’au fond », j\’ai tout de suite apprécié la fillette, qui a su plus d\’une fois me laisser échapper un petit rire.

Le déroulement de l\’aventure est plaisant et plutôt addictif malgré ses défauts, qui ne sont pas suffisamment agaçants pour faire tomber le livre des mains. Je dois dire que je n\’ai pas lâché l\’ouvrage et son côté bon enfant une fois entrée dedans, et c\’est plutôt positif.

Un roman sympathique, à faire découvrir à tout le monde.  



Appréciation

Sympa…

Challenge des 52 semaine : 5/11 (25. Un talisman)


Publié dans Fantasy, Jeunesse

Sauvons les dragons ! – Willis Hall

Résumé :  Lorsque Edgar entre dans la grande boîte noire censée le faire disparaître, il est transporté des siècles en arrière, à l\’époque des chevaliers de la Table Ronde… Car le magicien à l\’origine du tour n\’est autre que Merlin l\’Enchanteur ! Le célèbre sorcier a en effet besoin du garçon pour mettre fin au massacre des dragons par le roi Arthur… S\’il veut rentrer un jour chez lui, Edgar a tout intérêt à remplir sa mission !


Avis : A nouveau, un ouvrage jeunesse qui traînait sur mes étagères depuis plusieurs années. Plus jeune, je l\’ai commencé plusieurs fois, sans jamais le finir. Je l\’avais acheté suite à ma lecture du Dernier des vampires du même auteur, Willis Hall (que je ne saurais que trop vous conseiller, ce bouquin est un petit bijou jeunesse !). 

Sauvons les dragons reprend les même personnages que dans Le dernier des vampires, à savoir, la famille Hollins, composée de Edgar, le jeune héros, ainsi que de ses parents, Albert et Euphémia. Et, comme toujours, ils partent en vacances dans un endroit improbable, qui va les mener dans des aventures assez particulières. 

On y retrouve la naïveté d\’Euphémia, qui ne s\’étonne pas de grand-chose, pas même de se retrouver, après être passée par la boîte du magicien, en plein Moyen-Age. Edgar, comme toujours, se voit entraîné dans des aventures farfelues, ici, aider Merlin à empêcher le roi Arthur de trucider tous les dragons. 

Le style de Willis Hall est toujours aussi agréable, et l\’on voit pourquoi c\’est un bon auteur jeunesse. La narration est simple, fluide, teintée d\’humour anglais, et parsemée mine de rien de pas mal de vocabulaire. 

Petit bémol cependant, l\’aventure m\’a moins emballée que dans Le dernier des vampires. La raison de Merlin d\’avoir embarqué Edgar dans sa quête n\’est pas très crédible, et au final, on n\’en parlera presque pas. Néanmoins les anachronismes et la personnalité finalement assez naïve d\’Euphémia, ainsi que le personnage de Guenièvre rehaussent un peu l\’ensemble. 

En somme, une lecture pas désagréable. Mais si vous voulez découvrir cet auteur, je vous engage plutôt à aller voir l\’autre bouquin cité (Le dernier des vampires, pour ceux qui se demanderaient lequel ;p ). 


Appréciation

Sympa…

Challenge des 52 semaines : 2/11  (30. Un dragon)

Publié dans Jeunesse, Science-fiction

L\’Elue – Lois Lowry


Résumé : Kira est née avec une jambe tordue. La jeune fille a toujours vécu sous la protection de sa mère, mais cette dernière vient de mourir. Aujourd\’hui, Kira se retrouve seule dans un monde où les faibles et les infirmes sont impitoyablement éliminés. Dans son village, les femmes se liguent pour la chasser, mais le Conseil des seigneurs s\’y oppose. Kira possède un don pour la broderie. Désormais, c\’est elle qui sera chargée de restaurer et d\’achever la robe sur laquelle est brodée l\’histoire de son peuple…


Avis : Le Vallon Fantastique reprend aujourd\’hui du service avec un récit jeunesse, L\’Elue de Lois Lowry, livre préféré de la jeune personne qui me l\’a prêté. Je connaissais l\’auteure de nom, et projetais de la découvrir à travers la lecture de Passeuse de rêve, finalement il en aura été autrement. 

Cette lecture a été débutée avec un a priori positif, au vu de tous les éloges lus à propos de l\’auteure. Nous plongeons donc dans le monde de Kira, jeune fille handicapée. Le lecteur ne tarde pas à comprendre que l\’histoire prend place dans un monde post-apocalyptique. Ce n\’est cependant pas le centre du récit : il est précisé que l\’on est en présence d\’une humanité qui a perdu sa science, son confort, ses villes, mais il ne sera dit ni pourquoi ni comment.Tout l\’intérêt de l\’intrigue tourne autour du sort de Kira et des compagnons qu\’elle va rencontrer : Thomas, le Sculpteur, qui doit restaurer le bâton qui va avec la robe ; le jeune Matt et son chien Branch, sans doute mes deux personnages préférés, de part leur espièglerie ; et la petite Jo. 

A travers ce récit, Lois Lowry réussit à plonger son lecteur dans le monde de la broderie, thème plutôt intéressant, du moins du point de vue de mon expérience de lectrice pour ne l\’avoir que très peu rencontré. Mais ce qui fait tout l\’intérêt de l\’histoire, c\’est cette poésie qui s\’en dégage à travers tout le champ lexical de la couleur que va déployer l\’auteur. Explosion de nuances et de tons, Kira va se mettre en quête du bleu, couleur dont sa communauté semble avoir perdu le secret de fabrication. 

Mené par un style riche, évocateur et coloré – c\’est le cas de le dire – , ce récit tient le lecteur jusqu\’au bout. Toutes les questions ne sont pas résolues, beaucoup sont laissées en suspens à la fin de l\’ouvrage, mais le lecteur n\’en tiendra pas rigueur à l\’auteur : d\’un bout à l\’autre, les avancées de Kira pour la restauration de la robe ou ses aventures avec Matt rendent le livre difficile à lâcher. 

En somme, un bon petit roman jeunesse, de qualité, bien écrit, agréable, à la lisière de la SF et du fantastique. Livre à découvrir et à faire découvrir. Il en va de même pour l\’auteure.


Appréciation


C\’est du bon !


Publié dans Jeunesse, Science-fiction

Hunger Games – Suzanne Collins

Résumé : Dans chaque district de Panem, une société reconstruite sur les ruines des Etats-Unis, deux adolescents sont choisis pour participer aux Hunger Games. La règle est simple : tuer ou se faire tuer. Celui qui remporte l\’épreuve, le dernier survivant, assure la prospérité à son district pendant un an. Katniss et Peeta sont les \ »élus\ » du district numéro Douze. Les voilà catapultés dans un décor violent, semé de pièges, où la nourriture est rationnée. Alors que les candidats tombent comme des mouches, que les alliances se font et se défont, Peeta déclare sa flamme à Katniss. Calcul ? Tout est possible, et surtout, tout est faussé aux Hunger Games.
Avis : Rendue sceptique par plusieurs lectures de livres considérés comme géniaux, mais qui m\’avaient déçue (Le Nom du vent, de Rothfuss, Légende, de Gemmell…), Hunger Games faisait partie de ces bouquins qui m\’intriguaient et me rendaient méfiante à la fois. Les opérations marketting de grande ampleur me font généralement fuir, mais, paradoxalement, j\’ai souvent envie de lire ces livres dont tout le monde parle histoire de me faire ma propre idée.

Au final, Hunger Games est un ouvrage qui se lit aisément. Le style est fluide, plaisant, et bizarrement, ne m\’a pas donné cette impression artificielle que me donnent presque toujours les livres sur-médiatisés. Le vocabulaire est riche, la syntaxe nickelle, et l\’ensemble insuffle à l\’histoire un aspect tout à fait prenant. Les personnages sont travaillés, et aucun de ceux qui nous est présenté n\’est laissé de côté. Chacun a ses défauts, ses qualités, ses questionnements, ses particularités. Des candidats aux Hunger Games jusqu\’aux personnes représentant le Capitole, Suzanne Collins offre à ses lecteurs une palette de personnages riche, haute en couleur et très intéressante. Aucun personnage n\’est réellement manichéen, et  l\’ambiguïté de certains d\’entre eux rajoute à la réussite de l\’ouvrage. On pensera par exemple à Effie Trinket, à Cinna ou à Caesar Flickerman.

Du côté du déroulement de l\’histoire, Suzanne Collins entraîne son lecteur dans une histoire passionnante du début à la fin et qui, contrairement à ce que l\’on aurait pu craindre, ne se centre pas sur le spectaculaire des combats et de la mort des candidats. L\’auteure prend son temps pour détailler avec talent l\’univers des districts et du Capitole, où tout n\’est qu\’apparence, spectacle et voyeurisme, et poser ses personnages.

Le jeu des Hunger Games est décrit de manière haletante ; le lecteur prend le temps de connaître et de s\’attacher – un peu – à chacun des candidats. Certains passages tombent un peu trop dans la facilité : Katniss, l\’héroïne, n\’est pas amenée à tuer réellement, et quand elle le fait, le lecteur ne saura pas grand-chose de ses états d\’âme. De ce côté, le livre manque un peu de profondeur, mais le lecteur le pardonnera facilement à l\’auteure, en regard de tout le reste. Le côté \ »survie\ » de l\’histoire et le jeu de déduction et de ruses dans lequel se lance Katniss, pour s\’en sortir et en même temps séduire le public, font partie de ces éléments qui rendent l\’ouvrage très difficile à lâcher.

Contrairement à ce à quoi je m\’attendais, Hunger Games est un livre jeunesse réussi, qui présente une société du spectacle rongée par le culte de l\’apparence, de la distraction et du confort, et qui ne s\’attarde pas de manière complaisante sur la mise à mort des personnages. Le style d\’écriture est de qualité honorable, et les quelques facilités employées par l\’auteure lui seront vite pardonnées. En bref, un livre  prenant et de qualité… que je conseille aux derniers irréductibles 😉

C\’est du bon !