Publié dans Science-fiction, Young Adult

L’année de Grâce, de Kim Liggett

De quoi ça parle ?

« Personne ne parle de l’année de grâce. C’est interdit.
Nous aurions soi-disant le pouvoir d’attirer les hommes et de rendre les épouses folles de jalousie. Notre peau dégagerait l’essence pure de la jeune fille, de la femme en devenir. C’est pourquoi nous sommes bannies l’année de nos seize ans : notre magie doit se dissiper dans la nature afin que nous puissions
réintégrer la communauté. Pourtant, je ne me sens pas magique. Ni puissante. »

Un an d’exil en forêt.
Un an d’épreuves.
On ne revient pas indemne de l’année de grâce.
Si on en revient.

Et c’est bien ?

Un ouvrage dont je suis mitigée, que j’ai trouvé en dents de scie. La première partie fait immanquablement penser à La servante écarlate de Margaret Atwood, avec une situation pour les femmes particulièrement glaçante : réifiées et soumises à un rite de passage particulièrement violent et sur lequel pèse un tabou : l’année de Grâce. Par bien des aspects néanmoins, cet aspect est beaucoup moins fin que le texte de l’autrice canadienne, certains aspects sont un peu trash et voyeurs. De même, certaines ficelles sont assez grosses.

Néanmoins, il faut reconnaître à ce roman un côté addictif. L’autrice sait ménager ses effets et proposer une aventure haletante que l’on a du mal à lâcher. Les liens que les filles tissent entre elles, les attentions de la famille de Tierney à son attention sont des aspects agréables à découvrir. Je regrette néanmoins une romance un peu trop marquée, que je n’ai pas forcément trouvée adéquate par rapport au ton donné par le roman, et dont les conclusions m’ont paru cousues de fil blanc.

Le dernier tiers à vu mon intérêt grandir un peu. L’autrice ne se contente pas de faire sortir les protagonistes de leur année rituelle mais nous narre également l’après. La romance s’éloigne et j’ai trouvé certains aspects de réflexion bien plus intéressants que le reste du roman, de même que ce que l’on découvre sur certains personnages les fait évoluer de manière positive et crédible.

Cependant, je trouve le terme « féministe » que j’ai souvent vu accolé à ce roman m’a paru un peu surfait, et même si des éléments positifs pointent timidement le bout de leur nez, je les ai trouvés bien pâles par rapport à ce que l’on aurait pu attendre. Non que j’aurais souhaité du spectaculaire, mais je reste sur le sentiment qu’il me manque quelque chose, surtout au vu de ce que l’autrice fait de son héroïne. Oui on assiste à des changements, oui la condition des femmes ici n’est pas enviable, mais je n’ai pas trouvé ce roman particulièrement militant ou engagé en termes de féminisme. A mes yeux ce qui est traité est plus vaste et général : on y trouve une réflexion, plutôt intéressante, sur l’asservissement des individus et la pression du groupe, le poids d’une société.

En somme, cela reste avant tout une très bonne aventure addictive.

A lire si vous recherchez :
– un page-turner
– une dystopie-survie
– un univers qui met en avant des personnages féminins

Note : 4 sur 5.
Publié dans Fantastique, Jeunesse, Young Adult

Power Club, tome 1 : L\’apprentissage – Alain Gagnol

Anna Granville est une jeune fille de 17 ans, issue d\’une famille très riche et qui questionne peu son mode de vie. Ses parents lui offrent, pour son 17e anniversaire, une entrée au Power Club, le club des super-héros. Adulés par le monde entier, ces jeunes gens se sont vu greffer des \ »boosters\ » afin de leur permettre de développer invulnérabilité, force herculéenne et capacité à voler. Tout d\’abord critique sur leur propension à devenir des supports de publicité, Anna oublie ses récriminations quand ses parents lui annoncent la nouvelle. Mais elle va découvrir que le Power Club s\’est approprié par le pouvoir de l\’argent des passe-droit plus que dérangeants…
Une très bonne, une excellente surprise que cette lecture. Très frileuse avec la littérature adolescente et les clichés habituels d\’histoires de coeur et d\’inimitié, j\’ai vite constaté que Power Club ne tombait pas dans ces écueils. L\’héroïne, bien loin des portraits d\’ado très classiques comme on peut en croiser à la pelle dans les dystopies si plébiscitées, possède d\’emblée une patte, une tournure d\’esprit drôle, agile, fine qui nous la rend tout de suite attachante. Il en va de même pour sa copine Lisa, gaffeuse invétérée à l\’humour acide. Chaque personnage est façonné avec minutie et tous disposent d\’une réelle présence.

J\’ai longtemps craint que ce premier tome ne soit qu\’une longue introduction à la suite. Que nenni. Le lecteur ou la lectrice découvriront le fonctionnement du Power Club, ainsi que les grains de sables qui se sont glissés dans les rouages de leur renommée. L\’auteur sait distiller les différentes informations de manière subtile sans passer son temps à les expliquer. On sent qu\’un truc ne va pas, que quelque chose ne tourne pas rond, et on se demande quand l\’ensemble va se fissurer. 


Petit-à-petit, on glisse d\’une histoire de jeunes riches ravis d\’être hissés au rang de célébrités au problèmes posés par la détention de super-pouvoirs. Les questionnements sur le rapport aux autres lorsque l\’on est invulnérable est particulièrement intéressé, et plus d\’une fois Anna vacille sur ses certitudes. Plus intéressant encore, en échange d\’interventions musclées pour rétablir une situation de conflit (une prise d\’otages, un braquage, etc), les membres de Power Club disposent de \ »facilités\ » légales afin d\’effacer rapidement tout dommage collatéral. Se posent alors, bien évidemment, des problèmes éthiques, où l\’argent de leurs sponsors entre bien évidemment en jeu.

J\’ai énormément aimé la façon dont l\’auteur intègre les thèmes de la publicité, des médias et des lobbies d\’argent à l\’ensemble, pour nous proposer un final pas si loin du thriller, émaillé des finasseries juridiques entre l\’avocat d\’ Anna et la directrice du Power Club. Le tout au détriment de mes ongles, que je ne ronge pourtant plus depuis longtemps. 

Un excellent roman donc, pas si édulcoré qu\’on pourrait le croire ; écrit avec finesse et intelligence, sans temps mort, et avec des bouts de personnages très attachants dedans. Je conseille vivement. 
Excellent !
 
Publié dans Jeunesse, Science-fiction, Young Adult

Cell 7 – Kerry Drewery

Un bouquin récupéré un peu par hasard, et au final je dois dire que j\’ai été très agréablement surprise.

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Il s\’agit d\’une histoire en 7 chapitres. 7 parties pour les 7 derniers jours de Martha, adolescente de 16 ans accusée du meurtre de Jackson Paige, star parmi les stars. Dans cette société, juge, avocats, tribunaux se sont effacés au profit d\’une \ »justice\ » qui donne la voix à tout le monde : la télé-réalité. Par l\’intermédiaire de shows télévisés, tous les soirs, les animateurs présentent l\’accusé et les éléments à charge/.Et si, au bout des 7 jours, l\’accusé est considéré coupable, alors la chaise électrique l\’attend. Seulement, au milieu du marasme, seule Eve Stanton, ex-avocate, désormais conseillère auprès des accusés, trouve que Martha s\’est accusée du meurtre avec un peu trop de conviction.
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Alors certes, il ne s\’agit pas d\’une dystopie hyper fine. D\’ailleurs, c\’est souvent pour cela que j\’ai beaucoup de mal avec les dystopiesdites \ »young adult\ ». Mais par la proximité que cette histoire induit avec les personnages et les paroles placées dans la bouche des héro.ïne.s, je le trouve vraiment très approprié pour aborder et mettre en exergue l\’absurdité de la peine de mort.
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D\’un bout à l\’autre de l\’ouvrage, on suit Martha et ses souvenirs, Eve et sa lutte désespérée pour tenter de trouver des preuves et changer le cours des événements, l\’émission… Et jusqu\’au bout, on se ronge les ongles de savoir si oui ou non Martha sera exécutée. Le fonctionnement par flashback fonctionne bien et permet de retracer ce qui est arrivé à la jeune accusée.
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Durant le dernier tiers, il m\’a été impossible de lâcher le livre – ce qui ne m\’était pas arrivé depuis longtemps – , et même si certains éléments finaux sont un peu gros ou un poil trop mélodramatiques, l\’ensemble est mené avec brio.
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Une très bonne surprise. Je ne sais pas si je lirai la suite. Le livre se termine de telle manière que je crains un raté. Je préfère considérer les dernières pages comme une fin ouverte ^^

Sympa
Publié dans Science-fiction, Young Adult

Les Ames vagabondes – Stephenie Meyer

Résumé : La Terre est envahie. L\’humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Mélanie Stryder vient d\’être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l\’être qui tente de la posséder. Quelque part, dans le désert, il y a un homme qu\’elle ne peut pas oublier. L\’amour pourra-t-il la sauver ? 
Avis : Un bouquin qui traînait dans mes étagères. Je ne suis pas du tout fan de Twilight, et la perspective de me plonger dans cet ouvrage ne m\’enchantait guère. Après que l\’on m\’ait assuré que Les âmes vagabondes était mieux que la saga sur les vampires du même auteur, et que l\’on y trouvait quelques clins d\’oeil à des classiques de science-fiction, je l\’ai acheté. Encore aujourd\’hui, je me demande ce qui m\’a pris, sachant que j\’avais déjà eu l\’occasion malencontreuse de me frotter au \ »style\ » de madame Meyer…
Alors certes, objectivement, c\’est réellement mieux que Twilight. Le récit reste cul-cul, mais malgré quelques maladresses et passages poussifs, l\’histoire se tient, et le style est fluide, plaisant et aisé à suivre. En revanche, on retrouve le même problème que dans de plus en plus de livres, assez exaspérant : il faut expliquer, justifier, tout raconter en long, en large et en travers, des fois que le lecteur serait trop bête pour comprendre certaines choses. Alors certes, il faut développer, pour qu\’un univers créé paraisse cohérent, mais tout justifier sans cesse, et ne jamais tenter la subtilité et l\’implicite donne un aspect fadasse à beaucoup de récits, dont celui-ci.

Du point de vue du contenu, du scénario, Les Ames vagabondes est très, très light. Les personnages sont sympathiques, mais n\’ont pas de réelle profondeur. On a la fougueuse Mélanie, indomptée, la (trop) vertueuse Vagabonde, à la limite de la niaiserie (ceux qui auront lu Twilight reconnaîtront sans doute le même \ »schéma\ » de personnage que celui de Bella)… et puis les gentils et les méchants. Oui, c\’est rapide, mais malheureusement, c\’est aussi tranché dans le bouquin ; aucun personnage n\’est ambigu, ne se pose de questions réellement intéressantes. Les gentils sont gentils, les méchants sont méchants, et on s\’arrête malheureusement là. L\’auteure n\’a pas peur des caricatures, tant dans la présentation de ses personnages que dans le déroulement de beaucoup de scènes.

Enfin, dernier grief… le côté science-fiction. Bon, certes, je ne m\’attendais pas à de la \ »vraie\ » SF, mais à un prétexte pour présenter une romance un peu cul-cul. Ça n\’empêche cependant pas d\’être déçu : la présentation des différentes planètes visitées par les âmes est plutôt pauvre et peu imaginative. Pour le coup, on tomberait plus dans la fantasy que dans la SF.

Cela dit, ne m\’étant pas attendue à grand-chose de très probant, je n\’ai pas été déçue à proprement parler. L\’histoire se lit sans déplaisir malgré quelques points du récit un peu trop stagnants. Un livre que je ne conseille pas, mais qui tient à peu près la route. A lire quand on n\’a pas envie de faire marcher ses neurone…

Appréciation

Bof…