Publié dans Fantasy, Horreur, PLIB 2022

Capitale du Nord, tome 1 : Citadins de demain – Claire Duvivier #PLIB2022

De quoi ça parle ?

Amalia Van Esqwill est une jeune aristocrate de Dehaven, issue d’une puissante famille : son père possède une compagnie commerciale et sa mère tient un siège au Haut Conseil. Progressistes, ils lui ont offert, à elle et à d’autres enfants de la Citadelle, une instruction basée sur les sciences et les humanités. Jusqu’au jour où le fiancé d’Amalia se met en tête de reproduire un sortilège ancien dont il a appris l’existence dans un livre. Au moment précis où la tension accumulée dans les Faubourgs explose et où une guerre semble prête à éclater dans les colonies d’outre-mer, la magie refait son apparition dans la ville si rationnelle de Dehaven. Et malgré toute son éducation, Amalia ne pourra rien pour empêcher le sort de frapper sa famille et ses amis.

Et c’est bien ?

Je me suis coulée dans Citadins de demain beaucoup plus difficilement que dans son pendant du sud, Le sang de la Cité. Une chose est sûre, c’est que malgré leur appartenance à une même saga et la proximité des deux auteurs, l’ambiance, la plume, les sujets en sont foncièrement différents. C’est d’ailleurs peut-être ce qui m’a perturbée : quitter la chaleur, le soleil (et la nourriture) de Gemina pour découvrir la froideur, les castes et la vie de la noblesse guindée de Dehaven. La qualité est néanmoins toujours au rendez-vous, et j’ai retrouvé avec plaisir Claire Duvivier et les thèmes qu’elle aborde.

Education, place des femmes, société… le ton est annoncé dès les premières lignes, qui taillent sévèrement certains sujets (pour mon plus grand plaisir). L’histoire prend vite un tour oppressant, que ce soit avec la nasse sociale qui se referme sur la jeune femme aristocrate qu’est Amalia – l’autrice a un véritable don pour projeter vers le lecteur les divers sentiments que la protagoniste éprouve, et certains passages sont véritablement étouffants – , ou par les découvertes qu’Amalia fait avec ses amis.

L’histoire de Citadins de demain prend des allures de drame, qui commence doucement et paisiblement, et qui monte crescendo. La tension monte tout du long ; Claire Duvivier parvient à merveille à maintenir le suspens et les interrogations. Par sa teneur et bien qu’appartenant au genre fantasy, le texte emprunte pour beaucoup son ambiance aux récits fantastiques, un peu comme certains récits de Poe où vous sentez l’horreur tapie dans un coin et guetter, sous le verni de la normalité.

Bien que j’aie eu plus de mal avec Citadins de demain par ses côtés malaisants, il n’en demeure pas moins que j’ai beaucoup apprécié l’univers de l’autrice, tout sauf consensuel. La plume est toujours au rendez-vous, de qualité, construite et prenante. L’expérience a certes été déroutante, mais il va de soi que je signe sans hésiter pour la suite.

Note : 4 sur 5.

Infos livre
Editeur : Aux Forges du Vulcain
Année d’édition : 2021
#ISBN9782373051179

Publié dans Fantasy, PLIB 2022, Service de presse, Young Adult

Fleurs d’Oko – Laëtitia Danae #PLIB2022

De quoi ça parle ?

À Sangaré, la magie, réservée aux hommes, se déploie en de multiples couleurs. Petite Oko parle le Langage des fleurs. Lorsque le murmure des griottes annonce la venue du puissant Soumaoro, envoûteur du royaume en quête d’un aspirant prêt à lui succéder, Oko prend sa décision. Elle quitte tout pour assouvir son besoin d’aventure et de reconnaissance.

Alors qu’aux portes de la capitale, la Brousse menace d’étendre son fléau, dans les dédales du palais d’Ivoire, Oko découvre un tout autre monde. Celui de la magie, telle qu’elle ne l’a jamais expérimentée, mais aussi les intrigues de la cour, les ruses et les coups bas. À qui peut-elle se fier ? Qui redouter ? Tant de questions, si peu de réponses. La concurrence est rude et les embûches parsèment le chemin de la jeune aspirante.

Et c’est bien ?

Retour sur l’un des cinq finalistes du PLIB, parmi lesquels se trouvent également D’or et d’oreillers, de Flore Vesco, Une couronne d’os et d’épines, d’Emily Norsken, Encens, de Johanna Marines, et Prosperine Virgule-Point, de Laure Dargelos. La participation au PLIB inclut l’engagement à lire les 5 finalistes et je dois avouer que lisant peu de young adult, j’y suis allée un peu à reculons pour Fleurs d’Oko. Je n’en aurais jamais autant lu que cette année, et pourtant je dois dire que, même si j’ai eu des déceptions, j’ai également découvert des textes que je n’aurais certainement jamais lus si je n’avais pas participé à ce prix.

Vous l’aurez certainement compris, Fleurs d’Oko fait partie des textes que je retiendrai parmi les bonnes surprises de cette édition. Pourtant, j’ai un instant craint de passer complètement à côté, car s’il y a bien un élément du young adult que je n’apprécie pas, c’est de croiser trop souvent une narration à la première personne du singulier que je trouve rarement justifiée, au présent de l’indicatif qui plus est, et très souvent factrices de maladresses et passages bancals. Si je ne peux pas dire que je trouve une justification à l’emploi de ces éléments dans Fleurs d’Oko, l’ensemble est néanmoins maîtrisé et n’a pas nui à ma lecture.

Côté contenu, j’avais des craintes là encore. J’apprécie particulièrement les imaginaires qui se tournent vers des sources différentes d’inspiration. Le moyen-âge, les mythologies occidentales sont sympathiques, mais quand un auteur ou une autrice propose quelque chose de différent, je prends plutôt deux fois qu’une. Là encore, pour peu que ce soit maîtrisé. Les inspirations émanant des cultures africaines viennent davantage sur le devant de la scène ces temps-ci, mais pas toujours de manière heureuse ; c’est ainsi que j’avais été très désappointée par De sang et de rage, de Tomi Adeyemi, dont les emprunts au panthéon yoruba étaient plaisants, mais la structure et les rouages d’écriture donnaient dans des poncifs qui m’ont rapidement fait déchanter.

Enfin bref, assez digressé et passons au livre qui nous intéresse, car c’est bien de Fleurs d’Oko dont il s’agit, qui a su éviter ces écueils et me proposer un ouvrage que j’ai eu bien du mal à lâcher. Les inspirations de contes, mythes et légendes africaines sont particulièrement bien intégrées au récit et donnent une vraie dimension, différente et originale, aux aventures d’Oko. L’autrice s’est vraiment emparée de ces thèmes et a su construire un univers intéressant, qui m’a réellement transportée ailleurs, en compagnie de monstres inquiétants et de la mystérieuse Brousse.

Un autre aspect de ce qui m’a plu dans cet ouvrage, c’est la façon dont Laëtitia Danae reprend des éléments assez vus sans pour autant faire dans le convenu. Côté magie, on retrouve une segmentation de la société souvent croisée en young adult, des catégories bien rangées à travers lesquelles l’héroïne va évoluer, néanmoins là encore le texte ne nous emmène pas où on l’attend. Cette catégorisation est au final peu évoquée, et la magie d’Oko, celle des fleurs, loin des pouvoirs surhumains ou dévastateurs de certains héros, est mise en scène de façon intéressante, à travers une narration fraîche et dénuée de lourdeurs.

Il en va de même des intrigues de cour, car Oko doit évoluer au milieu de rivaux pour devenir enchanteresse, de même qu’elle doit se faire apprécier des courtisans pour espérer avancer. L’ouvrage ne donne pourtant pas dans un énième roman avec des fourberies et crocs-en-jambe toutes les deux pages et propose avec finesse les progrès d’Oko dans ce milieu, où elle est davantage prisonnière de ses peurs que d’intrigues à n’en plus finir. Les personnages sont fins et sonnent juste. Oko développée de manière intéressante, et sa relation avec les autres protagonistes également. Soori, Adama, Malaïka, Soumaoro, Aasir et bien d’autres qui gravitent autour d’elle sont croqués avec finesse et subtilité.

Alors certes, il y a certains éléments tout à fait classiques dans Fleurs d’Oko : la manière dont notre aspirante enchanteresse évolue et certaines révélations, mais au vu de tout le reste, j’ai aisément passé outre et agréablement profité du voyage, exempt de travers que je reproche trop souvent à cette catégorie d’écrits : romances qui noyautent l’intrigue, triangles amoureux exaspérants, héroïnes parfaites et/ou noyées jusqu’au cou dans des relations toxiques qu’elles ne remettent jamais en cause. Fleur d’Oko est un young adult de très bonne facture, qui m’aura surprise sur pas mal d’aspects, et pour lequel je suis très enthousiaste de lire les suites.

Note : 4.5 sur 5.

Infos livre :
Editeur : Snag
Année d’édition : 2021
#ISBN9782490151264

Publié dans Fantasy, PLIB 2022

Une couronne d’os et d’épines – Emily Norsken #PLIB2022

De quoi ça parle ?

Servir le royaume qu’importe le prix, qu’importe le moyen. Bien au Nord, sur le royaume de Cnàimh, les Dieux, les Anciens et le Os veillent. Le souvenir du roi Teodor dit le Boucher hante toujours ses habitants. Pour survivre aux hivers glacials du dieu Wyrn, ces terres doivent rétablir les alliances défaites sous la lame des conquêtes du feu dirigeant sanguinaire.

Nayla appartient au sang sombre, la chamane l’a désignée ainsi lors de son rituel de passage. Corbeau, elle devra devenir. Les Dieux ont décidé. Elle doit rejoindre cet ordre de femmes séjournant dans la forteresse Hvid Tand, pour devenir les yeux et les oreilles du roi des Os, Ingvar le Juste. Guidée par la Reine des Corbeaux, Frihër Agn, Nayla devient Nå, son héritière.

Nayla sera-elle prête à payer la somme demandée pour ce qu’elle désire vraiment ?

Et c’est bien ?

Si le début et les thématiques entourant l’oeuvre a priori me tentaient beaucoup – inspiration nordique, ambiance sombre et glaciale ; une inspiration et un univers qui changeraient un peu du classique medfan, j’ai été assez déçue.

Le premier élément qui ressort de cette lecture est une grande impression de déséquilibre : d’une foultitude de détails tels que les frisotis des décorations, les matières d’un meuble ou les broderies de robes, à des considérations très générales et rares sur le monde dans lequel on évolue, la psychologie des personnages et l’identité de l’univers ont manqué, à mon sens d’une caractérisation plus fine.

Plus embêtant encore, ces détails m’ont régulièrement sortie de mes attentes premières sur le livre. Bien sûr, je n’attends pas d’un livre qu’il corresponde forcément à mes attentes de départ, mais lorsqu’une impression « Grand Siècle » vient mâtiner l’imagination que je me fais d’un univers inspiré de légendes vikings, ça déstabilise et ce n’était pas vraiment ce que je cherchais.

J’ai trouvé dans ce texte un élément avec lequel j’ai de plus en plus de mal en fantasy : le délayage et un sentiment de noyade sous les informations-descriptions, sûrement issu d’une volonté de faire plus « vrai », mais qui a tendance à m’horripiler tant cela laisse peu de place à l’imagination du lecteur, comme si l’auteur refusait de laisser échapper son univers. Le style de l’autrice, assez lisse, ne m’a pas permis de passer outre et l’ensemble m’a été assez indigeste.

Je n’ai pas réussi, de fait, à m’attacher aux personnages qui, même s’ils bénéficient – et surtout l’héroïne – d’une attention particulièrement minutieuse en termes de détails, ilsme sont restés assez froids et distants. Les rebondissements et révélations de l’histoire sont assez attendus et convenus, aucune surprise de ce côté-là.

Et plus de 600 pages à l’aune de tout ça, c’est long. Trop long.

Note : 2 sur 5.

Infos livre
Editeur : Les Trois Nornes
Année d’édition : 2021
#ISBN9782492118043

Publié dans Coups de coeur, Fantasy, Historique, PLIB 2022

Du roi je serai l’assassin – Jean-Laurent del Socorro #PLIB2022

De quoi ça parle ?

Andalousie, XVIe siècle. Alors que Charles Quint règne sur une Espagne réunifiée et catholique, Sinan et sa soeur jumelle Rufaida, musulmans convertis, sont envoyés par leur famille à Montpellier pour échapper à l’Inquisition qui sévit à Grenade. Mais les deux enfants tombent dans une France embrasée par les guerres de Religion.

Et c’est bien ?

Un livre qu’il me tardait de lire en raison de ses liens avec Royaume de vents et de colère, du même auteur ; le premier que j’ai lu de Jean-Laurent del Socorro et dont je garde un excellent souvenir. Ma lecture remonte, donc je n’ai pu faire les liens, néanmoins deux choses ressortent de ma lecture de Du roi je serai l’assassin : c’est très très bien, et une relecture de Royaume de vents et de colère se profile à l’horizon.

Jean-Laurent del Socorro vient se ranger parmi les auteurs pour lesquels je ne réfléchis plus ni ne cherche à connaître les thèmes quand ils sortent un nouvel ouvrage. Les sujets, leur traitement, le style m’y charment à chaque fois, et Du roi je serai l’assassin ne fait pas exception.

J’ai aimé les différentes atmosphères proposées par l’ouvrage, la chaleur du Sud et la maison de Sinan, l’ambiance estudiantine de Montpellier… En plus d’être très évocatrice et visuelle, la langue qu’emploie l’auteur est particulièrement belle, ciselée, et j’ai eu grand plaisir à suivre l’aventure de Sinan.

Les personnages et les thèmes mis en scène ; la religion, l’intolérance, l’Autre, les représentations, sont des thèmes que j’aime retrouver – que je sais que je retrouverai – chez Jean-Laurent del Socorro, toujours traités avec finesse et beaucoup de sensibilité. Lorsque l’histoire de Sinan prend un tournant plus sombre, j’ai apprécié à la fois la simplicité avec laquelle ces événements sont narrés, sans s’attarder sur le pathos, tout en étant d’une force poignante.

Enfin, comme à chaque fois, je suis sous le charme de cette plume capable de mettre à portée du lectorat un contexte historique, auquel je ne m’intéresse pas forcément, ou que je maîtrise mal, de manière très simple et claire, passionnante, investie humainement, de manière à ce que l’on ne soit pas perdu, et que l’on ait envie d’en découvrir davantage, même une fois tournée la dernière page. Et cette étincelle fantastique, toujours ténue, discrète, mais qui vient illuminer l’ensemble.

La réflexion sur la religion, la culture, l’acceptation de l’autre font échos à de nombreux thèmes d’actualité et sonnent de manière particulièrement juste ; cela en fait à mes yeux un livre précieux, à partager sans modération.

Note : 5 sur 5.

Infos livre :
Editeur : ActuSF
Année d’édition : 2021
#ISBN9782376863519

Publié dans PLIB 2022, Post-apocalyptique, Science-fiction, Young Adult

Félicratie – Hélène Lenoir #PLIB2022

De quoi ça parle ?

«Je m’appelle Yacine, j’ai 16 ans et mon boulot, c’est animal domestique pour extra-terrestres. Parce qu’ils ont gagné, ces couillons. Ils ont envahi la Terre. Et comme leur seul point faible, ce sont les poils de chat, ben croyez-moi qu’on n’a pas le cul sorti des ronces.»

Suivez les aventures post-apocalyptiques de Yacine, Rose, Diego et leurs cinq adorables chats armes mortelles à travers les égouts de Paris, la forêt de Sologne et l’espace suborbital ! Sauveront-ils la planète des terribles Smnörgasiens ? Yacine retrouvera-t-il sa dignité et un pantalon digne de ce nom ? Diego avouera-t-il être – comme tout le monde le soupçonne – un assassin professionnel ? Rose deviendra-t-elle encore plus badass qu’elle n’est déjà ? Seul l’avenir répondra à ces questions existentielles…

Et c’est bien ?

Besoin d’une aventure tumultueuse et de fun ? Lisez Félicratie ! Déjà avouez, des chats et une invasion extra-terrestre, ça vend du rêve. En tout cas moi, je signe direct, et je n’ai pas regretté.

Félicratie, c’est le récit de deux ado ; Yacine, môme de la DDASS au parler franchement relâché, adopté par « Linda et Robert », les deux extra-terrestres qui en ont fait son animal de compagnie. La lubie de ces extra-terrestres ? Coiffer leur humain, et les vêtir de pyjamas en pilou. Désabusé, Yacine nous livre ses pensées blasées sur son quotidien. Le second ado, c’est Rosamonde, dite « Rose », qui va le rejoindre, capturée après des mois de planque, et qui peine à s’adapter à la vie en captivité.

Si les premiers chapitres commencent comme une parodie de films et séries de SF – clins d’oeil est facéties au programme, Félicratie est vraiment un livre dont on sort avec la banane – , l’autrice a aussi su en faire un récit d’aventure où l’ascenseur émotionnel est bien présent. On rit, on a le bide serré, on s’émeut. Empruntant beaucoup aux classiques du genre, on croisera des ingrédients du road-trip post-apo, du film d’invasion, de séries de space op…

La parodie n’empêche pas le développement d’une histoire et de personnages de qualité, sous une plume qui se mue parfaitement au parler de chacun. Yacine, sous son parler vulgaire, devient très vite un personnage touchant, fin, plein d’humour, empathique. Rose est un personnage féminin comme j’aime, ni Lara Croft qui éclate tout, ni princesse cul-cul, juste une jeune femme avec son vécu.

Les autres personnages ne sont pas en reste, que ce soient Diego le Caïd (en pilou) ou Nadette la survivor et son chien Croquette. Les militaires ont aussi quelque chose de touchant sans que l’on tombe dans le bouquin militariste. L’autrice joue et déjoue très bien les stéréotypes et clichés qui pourraient surgir de ce genre de récit.

Les procédés narratifs m’ont également beaucoup plu, notamment la façon dont Yacine commence par ce qui leur est déjà arrivé, par la fin, avant de dérouler ce qui c’est passé, et l’autrice qui ménage parfaitement son suspens. Ce récit vient parfaitement illustrer ma position sur les « spoilers » : même si on connaît la fin, quand on un bon auteur, une bonne histoire, ce n’en est que plus émoustillant de découvrir ce qui va conduire au point d’arrivée. Quel intérêt si tout le sel de l’histoire ne réside que dans sa résolution ?

En résumé, une excellente aventure, pleine de facéties et de clins d’oeil, qui offre une aventure prenante, des personnages variés et développés, le tout servi par un style maîtrisé et fort plaisant. Un ouvrage à lire si vous aimez les films et séries de SF geek, les chats, l’humour. Et une autrice à suivre en ce qui me concerne.

Note : 5 sur 5.

Infos livre :
Editeur : Sarbacane
Année d’édition : 2021
#ISBN9782377315970