Publié dans Fantastique, Horreur, Science-fiction, Thriller

Magma – VII

De quoi ça parle ?

Déborah Sapoznik, peintresse en vogue, emménage le temps d’un été dans une résidence huppée sur l’île de Napampark, avec son fils, Yoni, un adolescent peu expressif et enfermé dans son monde d’expériences sonores. Lorsque leur route croise celle de leur voisine, Evelyne Antosca, une étrange vieille dame au regard hypnotique, Yoni se retrouve malgré lui pris dans les filets d’une adepte de pseudos-sciences inquiétante.

Et c’est bien ?

Je dois dire que c’est avec un peu d’appréhension que j’ai entamé cet ouvrage. Les thèmes de pseudos-science, de drogue ou de musique sont des thèmes que je croise assez peu, et que j’apprécie de manière variable suite à quelques lectures particulières (j’y reviendrai car une de ces lectures a fait écho à celle-ci). Par ailleurs, j’aime bien être bousculée cependant, et c’est avec curiosité que j’ai débuté cette lecture.

D’emblée, j’ai beaucoup apprécié le style de l’auteur. Travaillé mais pas alambiqué, précis et rythmé, j’ai été tout de suite happée. Ajoutons à cela la fascination que j’ai éprouvée pour les personnages. Très loin d’être agréable, Déborah est une personne peu accessible, qui traite ceux qu’elle croise avec une sécheresse désinvolte, consciente de sa célébrité. Sans pour autant être imbue d’elle-même, elle possède une forme d’arrogance assez crispante, mais demeure malgré tout humaine. Elle s’occupe de son fils Yoni avec, tour à tour, désinvolture ou attention, se comporte ses amis de manière assez méprisante, mais par ailleurs leur est attachée malgré ce qu’elle leur trouve de désagréable. Yoni quant à lui est un adolescent éteint. Perpétuellement planqué derrière une paire de lunettes noires, on sent le mal-être qui émane de lui. Son monde se résume aux machines numériques à l’aide desquelles il tente de créer des morceaux de musique conceptuelle.

Les voisins des Sapoznik ne sont pas en reste et forment un tableau assez hétéroclite de la population huppée de Napampark : le couple d’amis qui a poussé Déborah à emménager dans la résidence, le couple Lovano, de petits vieux qui croisent sa route et ne lui lâchent pas les basques, ainsi que les personnes du milieu de l’art qui gravitent autour de Déborah dans le cadre de ses expositions – journalistes, admirateurs… L’auteur croque ce petit monde de manière assez savoureuse et plus d’une fois on ricane en lisant les dialogues au vitriol qu’il place dans leur bouche.

Lorsque l’on croise finalement le chemin d’Evelyne Antosca et de ses pseudo-sciences mâtinées de produits étranges, l’histoire prend rapidement des allures de thriller à la lisière du fantastique et de la science-fiction. La spirale dans laquelle Yoni est entraîné est particulièrement prenante, le parallèle avec sa mère, qui cherche à la fois à comprendre ce qui lui arrive mais qui paraît parfois déconnectée, absorbée qu’elle est par son monde artistique est ahurissant.

Petite pointe rigolote lorsque je me suis fait la réflexion que tout ce qui est développé dans ce texte autour du rapport au corps, de sa connexion ou déconnexion avec l’esprit, de ses liens avec la réalité, me rappelait ma lecture de Crash ! de J. G. Ballard et que j’ai constaté, une fois le livre fini, que ce même Ballard était cité parmi les influences de l’auteur de Magma dans le volet interne de la couverture. Par ailleurs si la lecture de Crash ! m’avait laissée pantelante et incapable de dire si j’avais aimé ou pas, j’ai trouvé Magma aussi bon dans l’aspect halluciné du texte, mais aussi beaucoup plus digeste, accessible et agréable sans pour autant tomber dans la facilité.

Enfin pour terminer, tenue en haleine jusqu’au bout, Magma finit en apothéose, d’une manière à laquelle je ne m’attendais pas du tout – et qui m’a forcément plu, adepte que je suis du fantastique et de cette tangente incertaine avec la réalité. La seule chose qui m’ait moins parlé, c’est l’univers musical. On sent que l’auteur connaît le milieu et par manque de connaissance, j’avoue que j’ai été parfois un peu larguée. Néanmoins, les quelques développement sur le sujet restent courts et digestes. J’ai également beaucoup apprécié les quelques fils tirés sur l’art, et notamment ici la peinture abstraite, là encore juste ce qu’il faut pour que ce soit intéressant sans que cela devienne rébarbatif.

En somme, une lecture sans temps mort, avec des thèmes intéressants, un style maîtrisé et une manière de mener l’histoire qui m’ont fait apprécier des sujets avec lesquels je suis plutôt frileuse d’ordinaire. Un petit ovni à découvrir !

A lire si vous recherchez :
– des personnages pas du tout sauf consensuels
– un mélange de « mauvais genres »
– des thèmes traités de manière concise et intelligente

Note : 5 sur 5.
Publié dans cyperpunk, Science-fiction

L’ange blond – Laurent Poujois

Illustration de Julien Delval

De quoi ça parle ?

Sujet : LEFÈVRE, Aurore      
Âge : 26 ans     
Signalement : 1m68, 50 kg, blonde, yeux verts.      
Nationalité : Européenne (France)      
Formation : Légion Impériale (six ans de service actif, diplôme de stratégie spatiale, grade de commandant, démissionnaire)      
Profession actuelle : Éducatrice pour biônes / Maître-orchestreur (nom de scène : der Blonde Engel)      
Signes particuliers : Indisciplinée +++/ Dangereuse      
Mission : Démanteler la conjuration menaçant l’impératrice Caroline Bonaparte.      
Note : Ne coopérera pas sans y être contrainte…

Et c’est bien ?

Dans une uchronie mettant en scène un Empire d’Europe, héritage d’un Napoléon n’ayant pas été défait à Waterloo, Laurent Poujois propose un thriller cyberpunk pêchu. Son héroïne, Aurore Lefèvre, retraitée de la Légion Impériale suite à une mission catastrophe, reprend du service, contrainte et forcée par un chantage quant à ses déboires de jeunesse. Au programme, déjouer un complot à l’encontre de l’impératrice.

Le texte collectionne – et assume pleinement – tous les codes d’un James Bond futuriste : une mission secrète, une agente récalcitrante et indisciplinée, des scènes d’action bourrées d’explosifs et de canardages, des passages d’infiltration, trahisons, scène finale en apothéose et riche en retournements de situation… Dès les premières lignes, ça déménage et le lecteur est embarqué, bon gré, mal gré, dans les nombreuses péripéties qui parsèment la mission d’Aurore.

L’uchronie est de très bonne facture et prétexte à de nombreuses facéties et clins d’oeil culturels. On trouve des oeuvres réinterprétées et renommées, un descendant de Hitler vraisemblablement impliqué dans des affaires louches et des Anglais pas très jouasses que le sieur Napoléon leur ait finalement marché sur les arpions.

Vous l’aurez compris donc, pas de temps morts, ça fuse, l’écriture est nerveuse et va droit au but. C’est d’ailleurs sûrement un des quelques reproches que je ferais au texte : une volonté quasi-cinématographique, très visuelle, est le coeur de ce texte. Pas de fioritures donc, exit les effets de style au profit de l’efficace. On sent que l’auteur a bossé pour l’audio-visuel, et parfois ça pulse tellement que je suis restée sur le carreau, un brin fatiguée de cette agitation constante.

Autre bémol, quelques flous ou facilités qui m’ont un peu vue faire la moue : le personnage du descendant de Hitler est plutôt bien utilisé, vu comme l’auteur assume le côté série B, c’était quasiment un élément attendu. Néanmoins on aurait pu se passer du détail de certains travers de sa personnalité, notamment certains passages porno qui n’apportent rien à l’histoire à par du cul et nous montrer comme ce personnage est dépravé. Le principe des biônes m’est resté assez flou durant le texte, il m’a manqué quelque chose. Et le twist final n’apporte pas grand-chose.

En somme, une bonne aventure punchy, qui n’est pas exempte de défauts, mais qui propose une histoire bourrée d’adrénaline. Un bon divertissement.

A lire si vous cherchez :
– du cyberpunk
– une héroïne qui ne se laisse pas marcher sur les pieds
– une aventure sans temps mort

Note : 3 sur 5.
Publié dans Coups de coeur, Fantasy

Printemps de funérailles – Alexandre-Fritz Karol

Le chasseur de primes Luther Falkenn,
accompagné de son chat, Boniface
Illustration de Nicolas Jamonneau

De quoi ça parle ?

Vingt ans.
Vingt ans que s’éternise la guerre entre la Ligue de Skarland et l’Empire anscaride. Mais les arcano-technologues, les sorciers hérétiques à la botte de l’empereur Hagen, ont mis au point de nouvelles armes qui ne tarderont pas à écourter le conflit : les dragonnefs, vaisseaux volants capables de rayer une ville de la carte en quelques heures.

Vingt ans aussi que Luther Falkenn court après les criminels. Comme policier, d’abord, et maintenant comme chasseur de primes. Mandaté par un richissime banquier nain pour mettre la main sur des documents volés particulièrement compromettants, il se rend à Solmost, où la Ligue fait face à une pression grandissante : soutenues par les dragonnefs, les armées de l’empereur approchent de la cité. Pas de quoi faciliter la tâche de Falkenn et de son acolyte Boniface, félin aux pouvoirs mystérieux, à la langue bien pendue et au caractère de cochon.

D’autant que dans la folle course aux armements qui les oppose à l’empereur, les dirigeants de la Ligue s’apprêtent à commettre l’irréparable en libérant un pouvoir oublié. Et Falkenn, qui croyait traquer un vulgaire voleur, va devoir affronter un adversaire d’un tout autre calibre, revenu tout droit de l’au-delà.

Et c’est bien ?

Je vous en avais parlé dans ma chronique sur le recueil Crocs et alambics, une des nouvelles parmi celles qui m’avaient marquée était celle intitulée La plus belle des réussites, d’Alexandre-Fritz Karol, l’auteur du présent roman. Le titre suivant que j’ai commandé chez Crin de chimère, l’éditeur, a donc été tout naturellement Printemps de funérailles, et j’y ai retrouvé tous les ingrédients qui m’avaient plu dans la nouvelle… et plus encore.

Printemps de funérailles, c’est un univers complet, cohérent et fouillé, distillé sur 600 pages. Il fait partie des textes que j’affectionne qui ne tombent pas dans l’encyclopédisme et qui infusent au gré de l’histoire les différents éléments de cet univers. J’ai plus d’une fois été impressionnée par la minutie de l’auteur à penser certains aspects.

L’univers est politiquement très fouillé mais absolument pas ennuyeux. L’enquête de Falkenn le mène dans la ville de Solmost, capitale de Pont-Salin, pays appartenant à la Ligue, dont la population suit avec appréhension l’avancée de l’armée anscaride et de son terrible général, Tyruman Khan. Evidemment, la presse relaie les différentes exactions ennemies, et un des éléments les plus marquants de cette minutie dont je parlais plus haut restera sans doute les journaux ; je crois que je n’ai encore jamais croisé d’ouvrage de fantasy dans lequel on découvre plus d’un journal, et pour lesquels l’auteur a pris la peine d’imaginer diverses lignes éditoriales.

La proximité de la guerre crée des remous parmi les différents gouvernants, d’autant plus que le roi est moribond et que les enjeux de pouvoir sont au coeur de luttes personnelles et financières des différents ministres. Alexandre-Fritz Karol donne un panorama intéressant et passionnant de cet aspect, sans que cela fasse plaqué. Tout est systématiquement lié de manière cohérente à l’avancée de l’histoire.

La galerie de personnage proposée est des plus savoureuses et dénuée de manichéisme. Bien sûr, Luther Falkenn, chasseur de primes taiseux m’a plu par sa prestance, tout autant que Boniface, le chat qui l’accompagne, particulièrement mal embouché et qui vient souvent rajouter son piquant grain de sel, de préférence dans les situations qui s’y prêtent le moins. La relation entre ces deux lascars donne souvent des situations explosives et cocasses.

Mais à ces deux-là, ajoutons Dreng Scramasaxe, le banquier de Solmost, que l’on apprend à apprécier, le grand – au sens propre – général Wolfdagger, que son défaut d’élocution ne transforme pas en faire-valoir des autres personnages, Tyruman Kahn, le terrible général ennemi, que l’on aperçoit peu mais que l’auteur parvient à doter d’une aura impressionnante. Les femmes ne sont pas en reste – les soeurs Galate sont des personnages féminins forts et particulièrement charismatiques, et il en va de même pour l’imprécatrice Wilhelmina Morville. Qu’ils soient initialement perçus comme bons ou mauvais, aucun personnage n’est caricatural. L’auteur les habille d’une vraie présence et les développe de manière intéressante. On s’intéresse à tous et aucun ne finit au rang de marionnette vide.

L’histoire en elle-même est passionnante, forte de tous ces éléments. L’auteur nous propose une enquête particulièrement haletante. Tous les attributs de fantasy classique sont adaptés à l’histoire, et l’auteur évite les coïncidences bienheureuses, se réapproprie de manière originale certains aspects éculés du genre. Les nains, le panthéon, la magie m’ont beaucoup plu – et jusqu’au final l’auteur ne fait pas dans le consensus ; la bataille épique de conclusion n’est pas ce que l’on a l’habitude de voir, et les héros ne sont pas ceux que l’on attend.

Mais surtout, surtout, j’ai gardé le meilleur pour la fin ; ce qui fait tout le sel de ce roman, le basilic sur le tomate-mozza, la cannelle sur la tarte aux pommes ( « abrège et crache le morceau », me tancerait Boniface ), c’est le ton donné au roman. J’ai particulièrement apprécié la plume de l’auteur. Construite, riche et ambitieuse, et par ailleurs très fluide, saupoudrée… bourrée d’un humour pince-sans rire qui vient régulièrement émailler l’histoire. A plus d’un titre, j’ai éprouvé une vraie jubilation à suivre les facéties glissées ici et là, l’air de ne pas y toucher. Il en va de la narration comme du bagou impayable de Boniface (dont j’exige d’intégrer immédiatement le fanclub). Je ne résiste pas à vous proposer un petit extrait, qui rend particulièrement bien compte de cette prose qui m’a tant plu :

Boniface n’hésita pas un instant. Il savait pertinemment ce qu’il lui restait à faire. On élevait les mandragots pour leur intelligence et leur vivacité d’esprit, non pour leur fidélité à toute épreuve confinant à la stupidité crasse – sans quoi, se disait-il souvent, on aurait pris des chiens pour faire le boulot. Un brave renifleur de trous de balle à la langue pendante y aurait réfléchi à deux fois avant d’attaquer son maître, aurait tergiversé. Mais les chats étaient déjà naturellement des salauds tournant à la logique, et la part humaine des mandragots achevait d’en faire de parfaites petites ordures.

Vous l’aurez sûrement compris, en un mot comme en cent, c’est totalement conquise et à regrets que j’ai refermé cet ouvrage. Il va de soi que je colle aux basques, à l’avenir, aux prochaines publications de l’auteur (d’ailleurs j’ai, joie, encore un texte à lire, Le silentiaire, que je m’en vais grignoter avec plaisir dans les prochains jours). Lisez Alexandre-Fritz Karol. Ça vaut vraiment le coup 🙂

Note : 5 sur 5.

A lire si vous recherchez :
– de la fantasy qui sort de l’inspiration médiévale
– un style exigeant mais fluide
– un duo de choc

Publié dans Fantastique, Jeunesse

La douane volante – François Place

Illustration de François Place

De quoi ça parle ?

On est en 1914, à la déclaration de guerre. Gwen a tout juste quatorze ans. Il vient de perdre l’homme qui l’a recueilli, le vieux Braz, un rebouteux connu pour ses dons et son mauvais caractère. On est en Bretagne, une province où les légendes sont encore bien vivaces et celle de l’Ankou, le messager de la mort, fait frissonner les âmes les mieux trempées. Une nuit, pourtant, Gwen monte sur sa charrette noire et entreprend un voyage qui va le mener de l’autre côté du temps.

Et c’est bien ?

Autant le dire d’emblée : il s’agit d’un énorme coup de coeur. J’avais croisé l’ouvrage il y a des années, proposé par Ana Gavalda dans les recommandations jeunesse qu’elle faisait pour le magazine Elle. Oui, j’ai mis tout ce temps pour le lire, et je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt. La douane volante revêt pour moi la même richesse qu’un livre de Philip Pullman, de ces livres que l’on peut aussi bien lire jeune que plus vieux, en y trouvant tout autant de nourriture à travers cette lecture.

Cette histoire est relativement dure. Les personnages ne sont pas épargnés. Gwen, souffreteux, subit des épreuves particulièrement dures. Pauvre, cible des quolibets et rumeurs du village, c’est à la suite d’une agression qu’il lui semble être emporté dans la charrette de l’Ankou. Il se réveille sur une plage inconnus et commence, dans un étrange pays gardé par la douane volante, sa vie auprès du soldat Jorn et de sa belle fiancée, Silde.

L’atmosphère est frappante, l’auteur sème cet étrange ailleurs d’inventions dont on ne sait pas trop si elles sont surnaturelles ou réelles, bizarrement interprétées par un personnages qui ne connaît pas son nouvel environnement. Au fil de l’histoire, le ton devient plus sombre mais jamais désespéré. François place décrit une humanité parfois peu reluisante mais jamais foncièrement mauvaise. A travers la fourberie, les tromperies, les manipulations, la corruption, l’ignorance, Gwen côtoie pourtant l’amitié, trouve de l’aide. Rien n’est tout à fait blanc ni tout à fait noir. Jorn, Nez-de-Cuir, Ignaas, Matias, Abraham, les Poux… tous ont des travers mais Gwen y trouve aussi des êtres humains. Le personnage de Daer le pibil siffleur, un oiseau qui va accompagner notre jeune héros, m’a énormément plu.

La plume de l’auteur est également particulièrement marquante. Riche, dense, poétique, parfois cruelle, elle parvient à merveille à dresser différents tableaux, jouer avec les sentiments du lecteur, tisser une atmosphère moite, fantastique, brumeuse, sombre mais teintée d’espoir, parsemée de légendes et d’extraordinaires inventions dans une sorte de Pays-Bas du moyen-âge fantasmés.

Les termes abordés m’ont beaucoup parlé. L’obscurantisme – la « connerie humaine », comme disait le vieux Braz, mentor du jeune Gwen -est sévèrement battu en brèche. Du curé de paroisse qui ne donne les sacrements qu’à qui le reçoit comme il le souhaiterait, les médecins imbus d’une science qu’ils ne questionnent plus et qui ne leur sert plus que de piédestal social.

Ce roman s’inscrit dans le domaine du fantastique ; tout du long on se demandera si Gwen est passé dans un autre monde, s’il est mort, s’il a remonté le temps, s’il rêve… chaque bizarrerie trouve une potentielle explication rationnelle. Une aventure dont j’ai émergé avec le sentiment de sortir, comme Gwen, d’un autre monde, d’un ailleurs où j’avais plongé en sa compagnie. Un ouvrage extraordinaire, que je ne peux que conseiller, aux ados comme aux plus grands.

A lire si vous cherchez :
– un livre qui s’inspire de légendes
– une ambiance historique
– un héros qui ne baisse pas les bras devant l’adversité

Note : 5 sur 5.
Publié dans Fantastique, Horreur, Nouvelles

Bienvenue à Sturkeyville – Bob Leman

Illustration de Stéphane Perger

De quoi ça parle ?

Bienvenue à Sturkeyville, ce sont six nouvelles fantastiques horrifiques, remises au goût du jour par les éditions Scylla. Six nouvelles écrites dans les années 70-80 par Bob Leman, qui ont toutes pour point commun de se passer dans la ville américaine imaginaire de Sturkeyville. Au programme :

  • La Saison du ver (The Time of the Worm)
  • La Quête de Clifford M. (The Pilgrimage of Clifford M.)
  • Les Créatures du lac (Feesters in the Lake)
  • Odila (Odila)
  • Loob (Loob)
  • Viens là où mon amour repose et rêve (Come Where My Love Lies Dreaming)

Et c’est bien ?


La nouvelle est un exercice que j’apprécie particulièrement, d’autant plus que je trouve que le format se prête particulièrement bien au genre fantastique. J’ai pris grand plaisir à découvrir ces six histoires.

Les codes du fantastiques sont au rendez-vous ; les non-dits et l’indicible, les monstres et les malédictions tapis dans des maisons ou recoins de rues délabrées, les personnages inquiétants et la montée de l’angoisse. Au gré de chacune d’elles, vous croiserez des vers télépathes, des vampires, des maisons hantées, des personnages maudits sujets à d’inquiétantes mutations.

Bob Leman ménage ses effets à la perfection, chaque nouvelle est particulièrement réussie sur le point de la narration : on nous dépeint une situation, et l’intérêt grandit à mesure que l’auteur dévoile les sombres secrets que cachent ses personnages. La langue est savoureuse et délicieusement désuète, de celles qui mettent en scène l’histoire, en l’exposant comme une histoire que l’on raconterait au coin de feu, à la tombée de la nuit.

Pas de temps mort dans ce recueil, comme cela peut arriver, chacune des nouvelles est particulièrement prenante. Une excellente lecture, que j’ai pris autant de plaisir à lire qu’un recueil de Poe ou de Maupassant.

Note : 5 sur 5.

A lire si vous cherchez :

– des nouvelles fantastiques
– des frissons
– un univers qui se déploie au gré de plusieurs textes (Sturkeyville)