Publié dans Fantastique, Jeunesse

En des lieux obscurs (Phaenomen tome 3) – Erik L\’Homme

Résumé : Ils ont fui la clinique où ils étaient enfermés. Ils ont échappé aux tueurs à gages lancés à leur poursuite et semé la panique au sein d\’organisations aussi puissantes que mystérieuses. En cherchant à savoir qui ils sont vraiment, ces quatre adolescents hors normes ont déjà dérangé l\’ordre du monde. Mais, pour eux, l\’heure est venue de découvrir le secret le mieux gardé de l\’histoire de l\’humanité. L\’inimaginable est là, au bout du chemin, en des lieux obscurs. 
Avis : Profitons de l\’élan initial, et bouclons la saga. Voici donc la dernière chronique, sur le tome trois de la série Phaenomen, écrite par Eric L\’Homme. Je vous avait quittés, lors de la critique du précédent volume, sur une pointe de déception. On ne peut malheureusement pas vraiment dire que ce dernier opus aura ravivé mon intérêt. 
Dans le tome 2, le lecteur avait ainsi quitté Claire, Violaine, Nicolas et Arthur au Chili, après la découverte d\’un coffre templier apparemment vide, et la lecture d\’une lettre les orientant vers l\’organisation secrète des Majestic, et surtout, vers une nouvelle destination : les Philippines. Et ce en compagnie d\’un nouvel ami: Goodfellow, sauvé des mains des méchants par une entité inconnue. Si le tome 2 restait agréable à lire malgré pas mal de facilités, ce tome 3 donne à l\’histoire une impression d\’improbabilité plus grande encore. Les désormais cinq protagonistes, recherchés de tous côtés, parviennent une fois de plus à glisser entre les mailles du filet et à rejoindre les Philippines. 
Les coupures multiples, pour suivre le petit groupe, puis une association secrète, puis une autre, puis Clarence, puis untel autre, et qui étaient dosées relativement correctement dans le tome 2, deviennent dans ce tome 3 assez insupportables et trop fréquentes pour que l\’attention puisse se concentrer sur l\’histoire des héros. Un peu comme une sorte de zapping perpétuel et fatigant, auquel s\’ajoute à chaque fin de chapitre un texte plus ou moins long sur un peu tout et n\’importe quoi (la video-surveillance, des préceptes, les complots…), pas forcément inintéressants mais, au bout d\’un moment, un peu lassants.
Les découvertes faites par nos héros ne contribuent pas non plus à relever l\’intérêt du lecteur pour l\’histoire. Le thème des Templiers passait encore, bien qu\’un peu capillotracté. Mais rajouter en plus des complots dans tous les sens au point que l\’on ne comprenne plus qui a fait quoi et qui est qui, une histoire de monde parallèle, une porte vers l\’enfer et le paradis, perdue puis retrouvée et à laquelle manque une clé, des dragons et j\’en passe ont sans doute été les gouttes de trop. Au tout début de l\’histoire, les explications étaient plutôt cohérentes, intéressantes et donnaient envie d\’en savoir plus. Mais plus le récit avançait, plus j\’ai eu l\’impression d\’avoir plongé dans un noeud d\’embrouilles de plus en plus incohérent et moyennement maîtrisé. Les idées de départ étaient intéressantes, mais elles n\’ont pas forcément été très bien exploitées. En plus de certains éléments dont on ne comprendra pas vraiment le sens et l\’utilité : les titres de chapitres en latin (à par que ça fait plus mystérieux, secret, occulte, mais le procédé est tout de même assez moyen…).
La facilité de nos héros à avancer dans leur enquête est, de fait, de plus en plus déconcertante, les rebondissements sont de moins en moins intéressants, les liens entre Nicolas, Violaine, Claire et Arthur bizarres et sans vraiment d\’explication plausible. Le seul personnage auquel j\’aurai réussi à accrocher est Clarence. L\’aboutissement de l\’histoire, quant à lui, n\’est pas vraiment surprenant. Un peu foutraque quoiqu\’un peu plus relevé que ce qui aura précédé, mais sans nécessairement parvenir à laisser le lecteur sur une note positive. La plume d\’Erik L\’Homme reste pourtant fluide et facile à lire, mais manque à certains moments d\’un quelque chose qui aurait pu malgré tout entraîner les lecteurs dans le trip. 
En somme, une trilogie qui avait sympathiquement commencé mais qui se termine, en ce qui me concerne, par une grosse déception. Peut-être d\’autant plus marquée qu\’elle contraste avec d\’autres lectures que j\’avais énormément appréciées de cet auteur et que je conseillerais plus que la présente saga : Le Livre des étoiles et Les Maîtres des Brisants. Quoiqu\’il en soit, des ratés, ça arrive à tous (sans compter la part de subjectivité inévitable de cette critique), j\’espère juste que ma lecture de A comme association sera plus enthousiaste 😉
Appréciation :

Bof…
Publié dans Fantastique, Jeunesse

Plus près du secret (Phænomen, tome 2) – Erik L\’Homme

Résumé : Handicaps ? Pouvoirs surnaturels ? Les troubles dont souffrent Violaine, Claire, Nicolas et Arthur en ont fait des marginaux. Persuadés qu\’il existe un lien entre leur état et l\’existence d\’une vie extraterrestre, ils mènent l\’enquête de Londres jusqu\’en Patagonie. Mais quels intérêts supérieurs menacent-ils ? Quelle est cette mystérieuse organisation qui lance contre eux ses tueurs à gages ? Les quatre adolescents vont l\’apprendre à leurs dépens : plus près du secret, c\’est aussi plus près du danger… 
Avis : Me revoilà plongée dans la saga, que j\’avais laissée en repos quelque temps. Après ma lecture enthousiaste du tome 1, je me suis donc plongée dans le tome suivant, Plus près du secret. Un tome qui m\’a plus, mais que j\’ai trouvé légèrement en deçà du tome précédent.

Le lecteur retrouve donc Nicolas, Violaine, Claire et Arthur, qui vivent dans les sous-sols de Paris et cherchent désormais à trouver pourquoi les événements survenus sur la Lune sont si importants, et surtout, se cherchent eux-mêmes, à comprendre qui ils sont et d\’où proviennent leurs pouvoirs. Si le style de l\’auteur est toujours aussi fluide et agréable à lire, la trame, en revanche, comporte divers points qui laissent plutôt sceptique. Le lecteur suit donc les aventures des enfants, qui vont trouver le moyen d\’aller en Angleterre interroger un vieil homme, soit, pourquoi pas. Puis, les 4 enfants vont partie pour le Chili, à la poursuite d\’un improbable secret templier (la piste leur aura été fournie par le vieil homme).

Là, il faut dire que les choses prennent une tournure un peu moins crédible. Quatre mômes paumés et recherchés prennent l\’avion pour un voyage outre-atlantique passe déjà un peu moyennement à mes yeux. Erik L\’Homme tourne certes les choses de manière crédible, mais on est en droit de rester dubitatif. Mais le plus décevant restera sans doute l\’apparition desdits templiers, d\’une théorie du complot et d\’agences américaines \ »méga-secrètes\ » assez peu crédibles, et surtout, un peu \ »too much\ ».

En dehors de la trame qui se délite, le lecteur aura tout de même le plaisir de retrouver Clarence, un mercenaire dont on ne comprend pas très bien d\’où il tient ses ordres, mais qui semble protéger de loin les quatre enfants. Le personnage est bien construit, charismatique, et le lecteur prendra plaisir à le retrouver. En revanche, à nouveau, quelques petits problèmes surgissent au niveau du comportement des enfants, et surtout de Violaine et de ses sautes d\’humeur, vraisemblablement liées à son pouvoir ; explication qui une fois de plus, n\’aura pas vraiment convaincu votre humble chroniqueuse.

En somme, l\’histoire tient plus ou moins la route, les personnages sont plus ou moins crédibles. Il n\’y a certes pas de réelle déception à la lecture de ce deuxième tome, en revanche, il y a ce que j\’appelle de trop nombreux \ »claquements de doigts narratifs\ ». Les rebondissements maintiennent l\’attention du lecteur et l\’histoire est plaisante, mais dans l\’ensemble, plus on avance dans l\’histoire, plus on a l\’impression que ce qui donne à la trame de base sa crédibilité se délite peu à peu.

Appréciation :

Sympa


Publié dans Fantastique, Jeunesse

Phænomen (tome 1) – Erik L\’Homme

Résumé : Fous ? Idiots ? Bons à rien ? Aux yeux du personnel de la clinique du Lac, Violaine, Claire, Nicolas et Arthur sont un peu tout ça à la fois. Pas vraiment des héros. Et pourtant… Quand le seul médecin qui se soucie de leur sort disparaît, enlevé par de mystérieux agents, ses jeunes protégés n\’hésitent pas : ils se lancent sur ses traces. Sans se douter qu\’ils sont aussi sur la piste d\’un des plus grands secrets du XXe siècle. Leur vie ne sera plus jamais la même. L\’histoire de l\’humanité non plus. Une course poursuite haletante, où quatre adolescents vont puiser dans leur handicap la source de pouvoirs surnaturels. 



Avis : Erik L\’Homme fait partie des auteurs jeunesse que j\’apprécie toujours malgré mon âge. Je l\’avais découvert vers 11-12 ans, alors que ma môman devait acheter un livre pour le mois chez France Loisirs (ce truc affreux qui classe Marc Lévy dans « littérature », et vous envoie comme nouveauté des trucs ultra connus ou du Grangé). Bref, il n\’empêche que c\’est ainsi que j\’avais découvert Le Livre des Etoiles, une trilogie qui m\’aura bien fait rêvé, tout comme la saga des Maîtres des Brisants, dont je viens d\’apprendre l\’existence d\’un troisième tome (et ma LaL qui s\’allonge, qui s\’allonge…).

Bref, dans ce récit qu\’est Phaenomen, Erik L\’Homme nous embarque donc dans le quotidien d\’enfants atteints de troubles mentaux. Enfin, censés être atteints de troubles, qui se révéleront finalement être des capacités surnaturelles mal maîtrisées. L\’idée d\’enfants handicapés mentalement est une bonne idée. Au début, nous est décrit le point de vue de l\’un et l\’on ne voit que l\’apparence des autres… qui paraissent effectivement atteint, jusqu\’à ce que l\’on entre finalement dans leur tête pour découvrir qu\’en réalité, ils sont juste… différents.

La course poursuite dans laquelle le lecteur se retrouve plongé se présente sous forme relativement simplette, mais néanmoins palpitante. Suivre les quatre môme dans une espèce de chasse au trésor se révèle absolument passionnant, d\’autant plus que l\’auteur mélange au monde réel magie et mythologie, sans leur donner cependant une dimension envahissante. Le lecteur se pose des questions, participe à la poursuite et prend vraiment son pied sans prise de tête.

Sans compter une fin qui clôt le livre, c\’est-à-dire que l\’on peut le lire séparément… même si l\’auteur inclut en même temps des détails laissant clairement deviner qu\’il y a un deuxième tome et des trucs non éclaircis. Bref, une lecture pas trop casse-tête, passionnante et qui se mange comme des petits pains.



Appréciation :

Sympa

Publié dans Fantasy

La Fille du Roi des elfes – Lord Dunsany

Résumé : Parce que les sujets de son père veulent plus de magie dans leur royaume, le prince Alveric entreprend de traverser la forêt enchantée afin d\’y enlever la fille du roi des Elfes, Lirazel. Après avoir défait les chevalier qui défendent la demeure de celle-ci, Alveric séduit la jeune elfe et l\’emmène jusqu\’au royaume d\’Erl, ou naîtra Orion, le fruit de leurs amours. Furieux du départ de sa fille et surtout du fait que ce départ soit volontaire, le roi des Elfes envoie à Lirazel un troll porteur d\’un message magique. Immédiatement, la jeune princesse est ramenée auprès de son père. Inconsolable, Alveric part à sa recherche, en quête de la forêt enchantée… qui a disparu. Et, pendant ce temps, Orion découvre le monde…
Avis : Voici un livre que j\’avais découvert et commencé il y a une dizaine d\’années, dans les fins fonds d\’un CDI, et que j\’avais abandonné. J\’y suis revenue plusieurs fois, sans jamais parvenir à entrer dans l\’histoire. Pourtant, la couverture et le résumé m\’attiraient, mais peine perdue. Plusieurs années plus tard, le souvenir de cet ouvrage m\’est revenu, et c\’est avec plaisir que je me suis à nouveau plongée dedans, et par nostalgie, mais aussi un peu par \ »défi\ » : j\’avais envie de finir ce livre qui m\’avait résisté et de connaître enfin l\’histoire qu\’il racontait.

Dans La Fille du roi des Elfes, Lord Dunsany offre au lecteur un texte étrange, riche et dont certains passages recèlent une vraie forcé d\’évocation. L\’entrée dans l\’histoire n\’est pas facile : les phrases sont longues, leurs tournures fort belles mais relativement élaborées, et le vocabulaire foisonnant. Ecrit en 1924, La Fille du roi des Elfes est porté par une prose imagée, poétique et merveilleuse, que l\’on ne retrouve plus vraiment chez les auteurs d\’aujourd\’hui. L\’histoire n\’a rien de semblable, mais sur le plan du style, et de sa richesse, on pourra parfois penser à un certain John Ronald Reuel Tolkien.

Le récit proposé par Lord Dunsany n\’est guère loin des trames des contes et légendes régionaux : afin de donner à son peuple un souverain doté de pouvoirs magiques, le roi de la vallée des Aulnes envoie son fils Alveric épouser la fille du roi des elfes. Lorsque celle-ci disparaît, Alveric n\’a de cesse de la retrouver. Dans cette histoire, l\’on retrouve tous les ingrédients de contes et légendes : une sorcière, une épée magique, un royaume enchanté où toute chose surpasse la splendeur de la Terre, des trolls, des chevaliers, des sortilèges et une quête désespérée.

Plus que tout autre chose dans le récit, ce sont le temps et notre monde qui tiennent la vedette. Alveric et sa quête et la croissance d\’Orionne sont qu\’une part de l\’histoire, un des fils qui servent à lui donner une cohérence. Mais là où Lord Dunsany réussi à captiver le plus son lecteur, c\’est lorsqu\’il décrit notre monde, en opposition au royaume enchanté ; royaume enchanté qui est préservé du passage du temps. Quand des années s\’écoulent sur Terre, un après-midi passe à peine sur le pays du roi des Elfes.

Ainsi, le temps qui passe, les saisons, le passage du jour et de la nuit, la vie des bêtes et des hommes sont décrits avec minutie, avec une poésie qui ne donnera qu\’une image au lecteur : celle de la splendeur de notre monde. Lorsque la princesse Lirazel se languit du royaume des Hommes, le lecteur a l\’impression de (re)découvrir lui-même son propre monde. Il est également question de la folie des hommes, de leur négation de toute chose magique, opposée à la raison, de l\’absurdité de la religion… et on note même une sorte de critique envers le Parlement (pour lequel on se demande parfois si la critique et une certaine ironie ne seraient pas dirigées vers des éléments plus réels que cette histoire…).

Le rythme de l\’histoire demeure assez lent, certains passages sont un peu poussifs et plus lourds à lire, mais si rarement que l\’on s\’en rend à peine compte. La Fille du roi des Elfes offre, plus qu\’un récit fantastique, une plongée merveilleuse dans un duel entre le monde réel et la magie, entre le quotidien des hommes et les contes et légendes qui peuplent leur imaginaire.

Un ouvrage sans nul doute à découvrir. Pour lecteurs confirmés.

Appréciation :
Excellent !