Publié dans Fantasy

La Fille du Roi des elfes – Lord Dunsany

Résumé : Parce que les sujets de son père veulent plus de magie dans leur royaume, le prince Alveric entreprend de traverser la forêt enchantée afin d\’y enlever la fille du roi des Elfes, Lirazel. Après avoir défait les chevalier qui défendent la demeure de celle-ci, Alveric séduit la jeune elfe et l\’emmène jusqu\’au royaume d\’Erl, ou naîtra Orion, le fruit de leurs amours. Furieux du départ de sa fille et surtout du fait que ce départ soit volontaire, le roi des Elfes envoie à Lirazel un troll porteur d\’un message magique. Immédiatement, la jeune princesse est ramenée auprès de son père. Inconsolable, Alveric part à sa recherche, en quête de la forêt enchantée… qui a disparu. Et, pendant ce temps, Orion découvre le monde…
Avis : Voici un livre que j\’avais découvert et commencé il y a une dizaine d\’années, dans les fins fonds d\’un CDI, et que j\’avais abandonné. J\’y suis revenue plusieurs fois, sans jamais parvenir à entrer dans l\’histoire. Pourtant, la couverture et le résumé m\’attiraient, mais peine perdue. Plusieurs années plus tard, le souvenir de cet ouvrage m\’est revenu, et c\’est avec plaisir que je me suis à nouveau plongée dedans, et par nostalgie, mais aussi un peu par \ »défi\ » : j\’avais envie de finir ce livre qui m\’avait résisté et de connaître enfin l\’histoire qu\’il racontait.

Dans La Fille du roi des Elfes, Lord Dunsany offre au lecteur un texte étrange, riche et dont certains passages recèlent une vraie forcé d\’évocation. L\’entrée dans l\’histoire n\’est pas facile : les phrases sont longues, leurs tournures fort belles mais relativement élaborées, et le vocabulaire foisonnant. Ecrit en 1924, La Fille du roi des Elfes est porté par une prose imagée, poétique et merveilleuse, que l\’on ne retrouve plus vraiment chez les auteurs d\’aujourd\’hui. L\’histoire n\’a rien de semblable, mais sur le plan du style, et de sa richesse, on pourra parfois penser à un certain John Ronald Reuel Tolkien.

Le récit proposé par Lord Dunsany n\’est guère loin des trames des contes et légendes régionaux : afin de donner à son peuple un souverain doté de pouvoirs magiques, le roi de la vallée des Aulnes envoie son fils Alveric épouser la fille du roi des elfes. Lorsque celle-ci disparaît, Alveric n\’a de cesse de la retrouver. Dans cette histoire, l\’on retrouve tous les ingrédients de contes et légendes : une sorcière, une épée magique, un royaume enchanté où toute chose surpasse la splendeur de la Terre, des trolls, des chevaliers, des sortilèges et une quête désespérée.

Plus que tout autre chose dans le récit, ce sont le temps et notre monde qui tiennent la vedette. Alveric et sa quête et la croissance d\’Orionne sont qu\’une part de l\’histoire, un des fils qui servent à lui donner une cohérence. Mais là où Lord Dunsany réussi à captiver le plus son lecteur, c\’est lorsqu\’il décrit notre monde, en opposition au royaume enchanté ; royaume enchanté qui est préservé du passage du temps. Quand des années s\’écoulent sur Terre, un après-midi passe à peine sur le pays du roi des Elfes.

Ainsi, le temps qui passe, les saisons, le passage du jour et de la nuit, la vie des bêtes et des hommes sont décrits avec minutie, avec une poésie qui ne donnera qu\’une image au lecteur : celle de la splendeur de notre monde. Lorsque la princesse Lirazel se languit du royaume des Hommes, le lecteur a l\’impression de (re)découvrir lui-même son propre monde. Il est également question de la folie des hommes, de leur négation de toute chose magique, opposée à la raison, de l\’absurdité de la religion… et on note même une sorte de critique envers le Parlement (pour lequel on se demande parfois si la critique et une certaine ironie ne seraient pas dirigées vers des éléments plus réels que cette histoire…).

Le rythme de l\’histoire demeure assez lent, certains passages sont un peu poussifs et plus lourds à lire, mais si rarement que l\’on s\’en rend à peine compte. La Fille du roi des Elfes offre, plus qu\’un récit fantastique, une plongée merveilleuse dans un duel entre le monde réel et la magie, entre le quotidien des hommes et les contes et légendes qui peuplent leur imaginaire.

Un ouvrage sans nul doute à découvrir. Pour lecteurs confirmés.

Appréciation :
Excellent !

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