Publié dans Fantasy, PLIB 2022, Service de presse, Young Adult

Fleurs d’Oko – Laëtitia Danae

De quoi ça parle ?

À Sangaré, la magie, réservée aux hommes, se déploie en de multiples couleurs. Petite Oko parle le Langage des fleurs. Lorsque le murmure des griottes annonce la venue du puissant Soumaoro, envoûteur du royaume en quête d’un aspirant prêt à lui succéder, Oko prend sa décision. Elle quitte tout pour assouvir son besoin d’aventure et de reconnaissance.

Alors qu’aux portes de la capitale, la Brousse menace d’étendre son fléau, dans les dédales du palais d’Ivoire, Oko découvre un tout autre monde. Celui de la magie, telle qu’elle ne l’a jamais expérimentée, mais aussi les intrigues de la cour, les ruses et les coups bas. À qui peut-elle se fier ? Qui redouter ? Tant de questions, si peu de réponses. La concurrence est rude et les embûches parsèment le chemin de la jeune aspirante.

Et c’est bien ?

Retour sur l’un des cinq finalistes du PLIB, parmi lesquels se trouvent également D’or et d’oreillers, de Flore Vesco, Une couronne d’os et d’épines, d’Emily Norsken, Encens, de Johanna Marines, et Prosperine Virgule-Point, de Laure Dargelos. La participation au PLIB inclut l’engagement à lire les 5 finalistes et je dois avouer que lisant peu de young adult, j’y suis allée un peu à reculons pour Fleurs d’Oko. Je n’en aurais jamais autant lu que cette année, et pourtant je dois dire que, même si j’ai eu des déceptions, j’ai également découvert des textes que je n’aurais certainement jamais lus si je n’avais pas participé à ce prix.

Vous l’aurez certainement compris, Fleurs d’Oko fait partie des textes que je retiendrai parmi les bonnes surprises de cette édition. Pourtant, j’ai un instant craint de passer complètement à côté, car s’il y a bien un élément du young adult que je n’apprécie pas, c’est de croiser trop souvent une narration à la première personne du singulier que je trouve rarement justifiée, au présent de l’indicatif qui plus est, et très souvent factrices de maladresses et passages bancals. Si je ne peux pas dire que je trouve une justification à l’emploi de ces éléments dans Fleurs d’Oko, l’ensemble est néanmoins maîtrisé et n’a pas nui à ma lecture.

Côté contenu, j’avais des craintes là encore. J’apprécie particulièrement les imaginaires qui se tournent vers des sources différentes d’inspiration. Le moyen-âge, les mythologies occidentales sont sympathiques, mais quand un auteur ou une autrice propose quelque chose de différent, je prends plutôt deux fois qu’une. Là encore, pour peu que ce soit maîtrisé. Les inspirations émanant des cultures africaines viennent davantage sur le devant de la scène ces temps-ci, mais pas toujours de manière heureuse ; c’est ainsi que j’avais été très désappointée par De sang et de rage, de Tomi Adeyemi, dont les emprunts au panthéon yoruba étaient plaisants, mais la structure et les rouages d’écriture donnaient dans des poncifs qui m’ont rapidement fait déchanter.

Enfin bref, assez digressé et passons au livre qui nous intéresse, car c’est bien de Fleurs d’Oko dont il s’agit, qui a su éviter ces écueils et me proposer un ouvrage que j’ai eu bien du mal à lâcher. Les inspirations de contes, mythes et légendes africaines sont particulièrement bien intégrées au récit et donnent une vraie dimension, différente et originale, aux aventures d’Oko. L’autrice s’est vraiment emparée de ces thèmes et a su construire un univers intéressant, qui m’a réellement transportée ailleurs, en compagnie de monstres inquiétants et de la mystérieuse Brousse.

Un autre aspect de ce qui m’a plu dans cet ouvrage, c’est la façon dont Laëtitia Danae reprend des éléments assez vus sans pour autant faire dans le convenu. Côté magie, on retrouve une segmentation de la société souvent croisée en young adult, des catégories bien rangées à travers lesquelles l’héroïne va évoluer, néanmoins là encore le texte ne nous emmène pas où on l’attend. Cette catégorisation est au final peu évoquée, et la magie d’Oko, celle des fleurs, loin des pouvoirs surhumains ou dévastateurs de certains héros, est mise en scène de façon intéressante, à travers une narration fraîche et dénuée de lourdeurs.

Il en va de même des intrigues de cour, car Oko doit évoluer au milieu de rivaux pour devenir enchanteresse, de même qu’elle doit se faire apprécier des courtisans pour espérer avancer. L’ouvrage ne donne pourtant pas dans un énième roman avec des fourberies et crocs-en-jambe toutes les deux pages et propose avec finesse les progrès d’Oko dans ce milieu, où elle est davantage prisonnière de ses peurs que d’intrigues à n’en plus finir. Les personnages sont fins et sonnent juste. Oko développée de manière intéressante, et sa relation avec les autres protagonistes également. Soori, Adama, Malaïka, Soumaoro, Aasir et bien d’autres qui gravitent autour d’elle sont croqués avec finesse et subtilité.

Alors certes, il y a certains éléments tout à fait classiques dans Fleurs d’Oko : la manière dont notre aspirante enchanteresse évolue et certaines révélations, mais au vu de tout le reste, j’ai aisément passé outre et agréablement profité du voyage, exempt de travers que je reproche trop souvent à cette catégorie d’écrits : romances qui noyautent l’intrigue, triangles amoureux exaspérants, héroïnes parfaites et/ou noyées jusqu’au cou dans des relations toxiques qu’elles ne remettent jamais en cause. Fleur d’Oko est un young adult de très bonne facture, qui m’aura surprise sur pas mal d’aspects, et pour lequel je suis très enthousiaste de lire les suites.

Note : 4.5 sur 5.

Infos livre :
Editeur : Snag
Année d’édition : 2021
#ISBN9782490151264

2 commentaires sur « Fleurs d’Oko – Laëtitia Danae »

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