Publié dans Fantastique, Nouvelles, Science-fiction

Bob, textile futé & Visite fantôme – Luce Basseterre

 Résumé :

Vous pouvez changer de peau, changer de style, revoir toute votre garde-robe ou endosser de nouveaux costumes. Ou vous pouvez aussi laisser faire Bob. Bob peut tout changer pour vous, il peut vous transformer, littéralement. Mais attention, Bob ne connaît pas ses limites. Et si, un jour, il allait trop loin ?

Résumé :

En acceptant de reprendre un chantier suite à la disparition du directeur qui en avait la charge, Sophie Compagnon ne pensait pas remettre en question sa vision de la réalité. Mais il est des lieux en ce monde (ou dans un autre) qui ont vocation à vous bouleverser. Que l\’ont ait des preuves de leur existence ou non.

Avis : Deux courtes lectures. Curieuse des petits opus que proposent les éditions 1115, j\’en ai profité pour goûter à deux textes d\’une autrice que j\’aime beaucoup, Luce Basseterre. Deux aventures différentes mais fort agréables.

Visite fantôme propose un texte fantastique et met en scène… une cheffe de chantier. Comme d\’habitude, on casse les codes et stéréotypes de genre, chose que l\’on retrouve souvent (et qui me plaît beaucoup) chez l\’autrice. Une histoire qui plonge dans une atmosphère poussiéreuse, une histoire de revenant, une histoire qui fleure bon les choses hantées. Voyage halluciné où l\’héroïne tente de rationaliser l\’irrationnel. Et en prime une chute bien sympa, comme on aime dans l\’exercice de la nouvelle.

Bob, textile futé, dont le titre m\’intriguait, propose un récit de science fiction. Nanotechnologies et hommes étranges au programme. Aperçu, là encore, des idées et inventions si plaisantes de Luce, et que j\’apprécie toujours de retrouver.

Deux petits textes courts, proposés par les éditions 1115 dans une gamme de nouvelles vendues 2€. Pour le coup, j\’ai trouvé leur slogan \ »agence de voyage littéraire\ » bien trouvé, car c\’est le cas : on voyage. A déguster sans modération ! (je précise à tout hasard que cet article n\’est pas un article \ »sponsorisé\ »… mais quand j\’aime, je partage et j\’en parle autour de moi 😉 ).

Publié dans Fantasy

Les sentiers des Astres, tomes 1 & 2 – Stefan Platteau

Résumé :

Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive au fil de l’eau, à des milles et des milles de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l’expédition de l’anéantissement pur et simple ?

  Résumé : 
Sept hommes, une femme et une enfant. Ce sont les derniers compagnons qu\’il reste au barde Fintan Calathynn pour mener à bien la quête du Roi-diseur, à travers une forêt boréale plus menaçante que jamais. Neuf survivants aux abois, retranchés dans la grotte des Teules, encerclés par l\’ennemi. À l\’heure où la gabarre livre ses derniers secrets, et où les arbres tremblent de la colère des géants, les fugitifs devront jouer cartes sur table et révéler les ombres issues de leur passé. À commencer par l\’énigmatique Shakti…

 Avis : Une saga découverte un peu par hasard. J\’attendais à une table aux Imaginales, lorsque j\’ai entendu l\’auteur, juste à côté, expliquer à une lectrice qu\’il s\’était inspiré de l\’histoire des bateliers et des vikings. Intriguée, je me suis donc procuré les deux premiers tomes de cette saga.

Le début du premier tome m\’a paru un peu lent. Le mystérieux Bâtard décide de raconter son histoire, mais prend son temps et se perd dans de nombreuses circonvolutions. En parallèle, l\’histoire de ces hommes d\’armes qui remontent le fleuve pour trouver le Roi-Diseur et dont on ne sait pratiquement rien ni des motivations (que l\’auteur distillera au fur et à mesure), ni des personnes. Ce qui m\’a surtout tenue, sur la première moitié, a été la richesse du monde dessiné peu à peu par l\’auteur. Dans les deux fils narratifs, des mystères, des êtres fabuleux disparus, des géants noirs (ouuuh le Porcher Noir, des passages bien prenants et stressants), un fleuve et une forêt angoissants et recelant de nombreux dangers, un peuple mystérieux.

Et puis, deuxième moitié, les choses s\’accélèrent, les deux fils se rejoignent. L\’île des Lunaires a vraiment titillé ma curiosité, et on commence vraiment à appréhender et à s\’attacher aux personnages. Et lorsque la Grande Gabarre appareille pour retrouver la Petite gabarre partie en éclaireur, autant dire que là, impossible de lâcher l\’ouvrage.

Moi qui déteste les tentatives de vente quand on me présente un livre \ »digne du Seigneur des Anneaux\ »… je crois pourtant que là, je ne peux pas m\’empêcher un parallèle. Pas dans les thèmes (qui sont complètement différents), mais dans le déroulé de narration. Un début assez lent et qui pose des bases, et une deuxième moitié qui lance les choses. Et je dois vous dire que, lorsque l\’auteur fait sonner des cors aux abords du fleuve et que nos héros comprennent qu\’ils vont devoir sauver leur peau, je me suis vraiment sentie dans le même état d\’esprit que lorsque j\’étais enfant et que j\’ai abordé le passage de la Moria. Celui où la compagnie de l\’Anneau se découvre coincée et commence à entendre les tambours ennemis résonner au loin. Un pur moment jouissif, où l\’on vibre vraiment avec l\’histoire et ses rebondissements. Et j\’ai d\’autant moins de mal à comparer Stefan Platteau à Tolkien que la plume, bien que différente, m\’est apparue elle aussi particulièrement riche, précise, ciselée.

Je n\’ai donc pu m\’empêcher de sauter à pieds joints dans le deuxième tome, dont le rythme est (je rassure les craintifs de rythmes lents 😉 ) plus soutenu dès le départ. On en apprend davantage sur Fintan, Miach, Nadrach, ces hommes partis chercher le Roi-Diseur. A ma grande joie, car c\’était vraiment ma frustration du premier tome. On en apprend également plus sur le peuple de la forêt, les Teules, qui m\’avaient déjà beaucoup séduite lors d\’une brève rencontre précédente. Et on assiste également au récit d\’un autre personnage : celui de la mystérieuse Courtisane, personnage énigmatique et dont le lecteur ne peut manquer, à l\’instar des autres personnages, de se demander pourquoi le capitaine Rana, chef de l\’expédition, a choisi de l\’embarquer, elle et sa fille.

Un deuxième tome un rien plus sombre, où l\’on découvre les peuple du nord et dont les notes de culture chamanique m\’ont également beaucoup, beaucoup plu. En sus de la mise en scène d\’un personnage féminin particulièrement intéressant.

Je comptais attendre la sortie poche pour acheter le dernier tome, Meijo… sorti en 2018. Trop long à attendre, il a dores et déjà atterri sur mes étagères en version grand format (oui, c\’est tellement bien que j\’ai osé dépareillé mes tomes :p).

En somme, une excellente saga, à découvrir, à lire. A mes yeux une oeuvre majeure de fantasy.

Coup de coeur

Publié dans Défi

Pumpkin Autumn Challenge

Bonjour à tous et à toutes 🙂 
Un petit défi pour entamer l\’automne : le Pumpkin Autumn Challenge de Guimause, qui déjà fleure bon le craquant et l\’odeur des feuilles mortes, les couleurs flamboyantes et les fête à la citrouille (si, si u_u). 
Au menu… 4 menus. Le lecteur peut choisir de lire la totalité de l\’un d\’eux. Ou choisir de picorer. Pour ma part j\’ai choisi le pallier Un appétit de goule, soit de lire les 3 livres de chaque menus Pour les modalités complètes, je vous invite dores et déjà à vous rendre chez Guimause si vous êtes intéressées.
En attendant, voici les menus en question :

Un petit tour sur des titres que j\’ai choisis ? C\’est par ici :

Automne frissonnant

Lasser, mariage à l\’égyptienne, de Sylvie Miller et Philippe Ward

L\’étrange vie de Nobody Owens, de Neil Gaiman
Le club des punks contre l\’apocalypse zombie, de Karim Berrouka
Automne Douceur de vivre
Le songe d\’une nuit d\’octobre, de Roger Zelazny
Père et fils, tome 4, de Mi Tagawa
L\’enfant de poussière, de Patrick Dewdney
Automne ensorcelant
Atelier des sorciers, tome 3, de Kamome Shirahama
Wild Cards, tome 2 : Aces high, dirigé par George R. R. Martin
La voie des pierres, tome 1 : Les pierres et les roses, d\’Elisabeth Vonarburg
Automne enchanteur
Les sentiers des Astres, tome 2 : Shakti, de Stefan Platteau
La fée, la pie et le printemps, d\’Elisabeth Ebory
Guinevere, de Jean-Louis Fetjaine
N\’hésitez pas à nous rejoindre ! 🙂
Publié dans Science-fiction

Plaguers – Jeanne-A Debats

Résumé : La terre est épuisée écologiquement, les animaux se sont éteints et l’air est à peine respirable. Seul atout de l’humanité : les réacteurs Alyscamps qui puisent l’énergie dans les dimensions non exprimées de la réalité. Dans ce monde les adolescent sont victimes d’une étrange maladie, la Plaie, qui les rend capables de créer ex nihilo, semble-t-il, toutes sortes de créatures, voire de commander aux éléments. Le monde les rejette.

Quentin est un Plaguer, sous ses pieds jaillissent des sources, et celle qu’il aime, Illya, fait fleurir les orchidées partout où elle passe. Ils se rencontrent lors de leur incarcération dans la Réserve parisienne…
Avis : Premier roman publié de Jeanne-A Debats, dont j\’apprécie déjà pas mal de textes. Plaguers m\’avait interpellée à sa sortie, et puis… et puis comme beaucoup de livres font envie, j\’ai lu d\’autres choses, un peu oublié. En relisant le propos il y a peu, je me suis aperçue que l\’envie était toujours là, et je m\’y suis mise.

L\’univers et l\’environnement des plaguers m\’a d\’emblée plu : on découvre la façon dont ils s\’organise dans la réserve, organisation complètement anarchique et basée sur le bon sens de chacun, mêlé à la découverte de leurs pouvoirs et de leurs potentialité. Il y a là un petit côté Harry Potter, ce plaisir de découvrir un univers à part, le tout dans un contexte initiatique.

Les personnages sont vraiment sympa. Quentin, personnage principal agréable, cependant pas forcément le plus intéressant. Illya est un personnage féminin relativement exécrable, mais cela fait du bien d\’avoir une figure femme de cette trempe. Enfin, femme… on aborde avec Illya la question du genre, car de femme, elle ne l\’est plus vraiment. D\’autres personnages étoffés donnent vraiment plaisir à découvrir Plaguers, comme l\’ombrageux Brahim, ou le doux Honoré, ou encore le couple Fred-Leila, d\’autant plus que chacun possède sa part déplaisante, mais aucun n\’est dépeint de manière manichéenne. Le principe des Uns est également un point fort du roman et constitue un mystère qui tient le lecteur jusqu\’au bout.

Quant à l\’intrigue en revanche, j\’ai moins accroché que pour d\’autres textes de l\’autrice. Si le déroulé de l\’affaire est intéressant – un événement assez lourd et inquiétant à l\’extérieur de la réserve -, je l\’ai trouvé trop en filigrane. Le côté découverte de la vie des plaguers reste le point prégnant, et qui prend le pas sur le reste. Si cela ne m\’a pas déplu, je dois dire que cela fait de Plaguers un livre que j\’ai davantage apprécié pour ses inventions et son atmosphère que pour l\’histoire en elle-même.

Un texte néanmoins fort sympathique, qui touche à beaucoup de thèmes : la diversité, le genre, l\’écologie et le déclin de notre planète. Un conte agréable à parcourir.

Sympa !


Publié dans Science-fiction

Cyberland – Li Cam

Résumé :
 Ici le destin se décide œil pour œil, dent pour dent.
Tu ne te copieras point en dehors des Terres Parallèles.
Tu ne convoiteras pas le fichier d\’autrui.
Tu ne formateras pas hormis pour sauver le système.
Avis : Un livre qui m\’a longtemps fait baver dans lequel j\’ai enfin plongé le nez. Je lis peu de cyberpunk, mais les quelques ouvrages que j\’ai lus (Neuromancien de William Gibson bien sûr, mais aussi l\’excellent Carbone modifié de Richard Morgan) m\’ont plutôt engagée à y revenir… Et j\’ai très bien fait, puisqu\’avec Cyberland, j\’ai passé un très, très bon moment de lecture. 
La première plongée dans l\’univers est un peu déstabilisante, mais l\’adaptation se fait très rapidement. Il s\’agit ici, pour nos protagonistes, de s\’infiltrer dans l\’Infosphère et d\’y mettre fin. L\’Infosphère est la création de la toute première IA, le nouvel internet, espace connecté, dans lequel les infonautes se retrouvent, en réalité virtuelle. Scoop, on pourrait craindre de vite tomber dans un univers jargoneux ; il n\’en est rien. Très vite à l\’aise avec l\’environnement, on s\’attache très vite aux personnages : Louise, Humod (humaine modifiée pour se connecter directement à l\’Infosphère) guide, qui fait découvrir aux autres autant qu\’au lecteur l\’univers dans lequel elle évolue ; le timide Lu-Pan, Saïd et sa façade de grand adolescent un peu à la ramasse… Découvrir l\’Infosphère a été un réel plaisir, et le premier tiers laisse présager le meilleur, au travers de nombreux rebondissements.
Les choses se corsent un peu lorsque l\’histoire installe nos héros dans une sorte de jeu RPG, qui s\’avère ne pas être ce qu\’il paraît être. J\’avoue, la bonne moitié de cette partie m\’a un peu perdue. Comme Saïd et ses amis, on navigue un peu dans le flou. Pourtant, rien n\’est laissé au hasard et tout trouve sa place. Et plus encore lorsque l\’on atteint la dernière partie, dans Asulon, la prison-camp de rétention des Humods construite par le gouvernement. Un personnage jusqu\’alors en retrait prend son importance, et je dois avouer que toutes les imbrications que l\’autrice tisse, toutes les réflexions qu\’elle suscite sur ce qu\’est l\’humanité, sur les relations humanité / IA, sur l\’identité… sont particulièrement intéressantes. 
En somme, un excellent ouvrage à découvrir, dans lequel on se coule avec aisance et plaisir grâce à une plume fluide, presque graphique. Si vous recherchez un bon livre de SF, je ne peux que le recommander 🙂
C\’est du bon !!