Publié dans Fantasy, Science-fiction

Lord démon – Roger Zelazny

De quoi ça parle ?

Kai Wren, le souffleur de verre, coule des jours paisibles dans sa bouteille, jusqu’à ce que son fidèle serviteur O’Keefe soit assassiné par six démons mineurs. Kai Wren, aussi connu sous le nom de Lord Démon, l’Exterminateur de dieux, décide alors de quitter son vaste domaine pour enquêter sur ce meurtre et se venger. Il ne tardera pas à se rendre compte que même si les guerres entre dieux et démons ont pris fin depuis des siècles, de vieilles rancoeurs subsistent. Certains démons ont même décidé de reconquérir la Terre. Dans le flot des trahisons et des intrigues inhérentes à cette reconquête, Kai Wren découvrira qui sont ses véritables ennemis.

Photo de Angela Roma

Et c’est bien ?

Alors déjà, de manière totalement subjective, oui c’est bien, forcément, puisque c’est Zelazny. D’ailleurs ce texte, c’est du Zelazny tout craché. Comme souvent ça commence, univers simple, actions rapides ; parfois un peu trop. On commence à se dire que c’est léger, peut-être un peu trop. Et puis avant qu’on ait eu le temps de dire ouf, on se rend compte que l’univers bâti est en fait assez monstrueux, en peu de temps, avec plein d’inventions qui déchirent, une érudition de fou comme toujours, avec plein de clins d’oeil qu’une fois de plus je n’avais pas forcément repérés à ma lecture précédente.

Malgré mon intérêt pour les cultures asiatiques, j’en ai appris sur les combats de cerfs-volants – d’ailleurs c’est ça que j’aime chez mon Roger : il te balance un mot, tu sens qu’il y a une référence derrière, et tu pars picorer derrière. C’est sûrement l’auteur qui a le plus contribué à la construction de ma culture – musique, lecture, culture gé ; j’ai plongé dans Ambre à 10 ans, je n’en suis jamais sortie depuis. Les clins d’oeil et références, je continue d’aller les chercher plus de 20 ans après.

Côté inventions, on trouve le principe d’un multivers en bouteilles, le Marcheur qui traverse ces univers, les lames-esprits et j’en passe, je suis toujours émerveillée comme une gosse. Le propos de fond est également intéressant, sur le monde qui change, les personnages qui changent et qui l’acceptent ; d’ailleurs, comme souvent, on rencontre des personnages surpuissants rendus impuissants et qui s’en accommodent.

Les personnages de l’auteur me sont par ailleurs toujours très attachants, sûrement est-ce dû en partie à la narration à la première personne, couplée au style parlé et sans fard de Zelazny. Ici, c’est une autrice proche de Zelazny – Jane Linskold – qui a contribué à terminer ce texte paru à titre posthume, et j’ai été agréablement surprise de ne pas sentir de changement.

Certains éléments paraissent complètement farfelus ou incongrus, comme un chiot nommé Fluffinella, un monde des chaussettes perdues, ou des noms de dieux complètement chelous, sans pour autant enlever de sa crédibilité et de sa magie à cet ouvrage. Une réussite bis donc, mais sans surprise ^^

Publié dans Fantastique

Le songe d\’une nuit d\’octobre – Roger Zelazny

Résumé : Ce sera pendant l\’horreur d\’une profonde nuit, la dernière d\’octobre. La lune sera pleine. On a un mois pour préparer le Jeu. Pour collecter les outils, déjouer les plans de ceux de l\’autre camp, trouver l\’endroit magique…L\’enjeu est de taille : si ce sont les ouvreurs qui gagnent, alors les Anciens Dieux reviendront, et je ne vous dit pas la catastrophe !
Moi, Snuff le chien, je vous assure que je ne chôme pas. Entre mes rondes et les informations que je dois récolter, j\’estime que je fais bien mon boulot. Notez, la chatte grise se débrouille bien aussi. Mais de quel bord est sa maîtresse ? That is the question…
Avis : Retour à mes premières amours SFFF : l\’auteur Roger Zelazny. Un court roman comme il sait si bien les faire : simple, rapide à lire… et vraiment très, très plaisant à lire.

Notre \ »héros\ », Snuff, est le familier d\’un certain Jack. Snuff assite Jack dans ses mystérieux préparatifs en vue d\’un Jeu qui aura lieu dans la nuit du 31 octobre. Si l\’on connaît un peu le principe de la Samain, on devine aisément et rapidement en quoi consistera le fameux Jeu.

En revanche toute l\’histoire tient à ces préparatifs. Les espionnages, les commérages, les alliances et rivalités, le fait de savoir qui est dans quel camp, l\’idée de ne pas se faire prendre, parce que mine de rien, le village paisible où tout le monde s\’est installé n\’a rien demandé.

Une histoire que l\’on traverse vite. Pas forcément la meilleure que Zelazny ait pu écrire. Mais disons-le clairement : s\’éclate. Ca complote dans tous les coins, et ça fourmille de clins d\’oeil aux grandes oeuvres de littérature.

A grignoter tranquillement ; une histoire qui fait particulièrement du bien après une journée bien chargée.

Se grignote sans faim
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Le livre d\’or de la science-fiction – Roger Zelazny

Résumé : Ce Livre d\’or de la sciencefiction propose une anthologie de plusieurs nouvelles écrites par Roger Zelazny. Réunies et commentées par Marcel Thaon, ce recueil offre un large panel des sujets traités et des genres employés par Zelazny. 25 nouvelles à découvrir. 


Avis : Retour à mes premières amours : Roger Zelazny. Aussi bien pour les fans que pour ceux qui découvrent l\’auteur, ce Livre d\’or de la sciencefiction propose une très riche palette de ce que Zelazny était capable d\’écrire. Marcel Thaon met admirablement bien en lumière les différents textes : après une pré-face vraiment très intéressante pour qui souhaite connaître un peu mieux Zelazny et ses sources d\’inspiration, il introduit chaque nouvelle par un paragraphe succinct, qui éclaire à merveille le texte lors de la lecture. 
En dehors du travail de M. Thaon, le travail de Roger Zelazny himself. De l\’humour, de la science, de la poésie, de la réflexion, de l\’amour, à chaque texte son registre, toujours avec des mots et des phrases très simples, mais puissants et évocateurs. On s\’interroge tour à tour sur ce qu\’est un être-humain, sur la définition de l\’art, sur le savoir, ou encore sur l\’impact des actes sur d\’autres vies. 
Les connaisseurs reconnaîtront forcément des thèmes Zelazniens récurrents : l\’immortalité, la mythologie, la déification. Les premières aventures de Dilvish le Damné apparaissent, ainsi que les prémisses de ce qui sera le Cycle des Princes d\’Ambre. Quelques clins d\’oeil (comme toujours) à des auteurs et à des oeuvres à découvrir absolument pour ceux qui n\’auraient pas encore lu : Cordwainer Smith et Fredric Brown. 
Les nouvelles qui m\’ont le plus touchée / plu / fait rire : 
– La sangsue mécanique, une histoire de vampire pour le moins originale. 
– Clefs pour décembre, certainement la nouvelle que j\’ai trouvé la plus poétique. Qui pose également la question de l\’adaptation d\’un monde et d\’êtres à de nouvelles conditions de vie. Des créatures aux conditions de vie extrême tentent d\’adapter une planète à leur morphologie (à des degrés très bas). Ce faisant, ils entraînent l\’évolution et l\’accès à l\’intelligence d\’une espèce primitive… et assistent progressivement à la mort de cette espèce. 
– Le temps d\’un souffle, je m\’attarde, où un robot chargé d\’entretenir la Terre dans l\’espoir que les Hommes reviennent un jour tente de devenir Homme lui-même. 
– La fièvre du collectionneur, où le marcher de l\’art ramasse pour son grade à travers deux personneages qui décident un jour de devenir eux-même des oeuvres d\’art. 
– Thélinde chantait, avec ses accents de vieille héroïc-fantasy. 
Et toutes celles dont je n\’ai pas parlé. Un recueil à découvrir absolument. Merci, M. Thaon, pour la richesse et l\’habileté de mise en valeur de ces textes. Merci, M. Zelazny, pour vos textes toujours aussi prenants. 


Excellent