
De quoi ça parle ?
Issu d’une famille de pêcheurs, Liesse doit quitter son village natal à la mort de son père. Fruste mais malin, il parvient à faire son chemin dans le comptoir commercial où il a été placé. Au point d’être pris comme secrétaire par Malvine Zélina de Félarasie, ambassadrice impériale dans l’Archipel, aristocrate promise aux plus grandes destinées politiques. Dans le sillage de la jeune femme, Liesse va s’embarquer pour un grand voyage loin de ses îles et devenir, au fil des ans, le témoin privilégié de la fin d’un Empire.
Et c’est bien ?
Je crois que je peux même le classer dans mes coups de coeur 2020. Un long voyage, c’est un roman court, mais intense et riche. Le premier élément qui m’a marqué, et sûrement celui qui a grandement contribué à me rendre le livre aussi addictif, est de mannière incontestable la plume de Claire Duvivier. Je l’ai trouvée très belle, et la forme que prend le récit, celle d’un carnet de voyage avec un style qui m’a rappelé les styles du 19e siècle, est particulièrement réussie et lui donne sa force.
A travers les yeux du narrateur, Liesse, le lecteur découvre un Empire sur le déclin, en difficulté face à ses territoires lointains. Entre la vie de Liesse, sa vie sur l’Archipel puis sur le continent, et ce qu’il découvre de la politique, de l’économie, des gens qui l’entourent, pas le temps de s’ennuyer. La figure centrale du récit, celle de Malvine Zélina de Félarasie, dont Liesse entreprend de nous narrer l’histoire pour le bénéfice d’une certaine Gémétous, se dessine petit-à-petit. L’autrice sait ménager ses effets et dévoiler peu à peu cette femme extraordinaire. Les personnages qui gravitent autour d’elle et autour de Liesse ne sont pas en reste, et ce sont de multiples portraits humains qui viennent se superposer à l’histoire. Jusqu’à l’événement qui fera basculer l’histoire – et l’Histoire. Là encore, difficile de lâcher l’ouvrage devant les révélations qui sont faites.
A travers le témoignage de Liesse se dessinent aussi différents thèmes. Celui de l’intégration lorsqu’il prend conscience qu’il n’est qu’une pièce autochtone rapportée, intégrée à la grande machine du fonctionnariat d’Empire. Celui de la cohabitation des peuples et de la notion de territoire et d’héritage. Thèmes que j’ai assez peu croisés en fantasy et qui sont ici traités avec une grande finesse.
Enfin, Un long voyage, c’est aussi pour moi un des exemples qu’un livre de fantasy n’a pas nécessairement besoin de dix tomes de 500 pages chacun pour dresser un univers riche et consistant. Je souhaite en tout cas de tout coeur que l’autrice continue à écrire, car je suis suivrai ses écrits avec grand plaisir.
A lire si vous recherchez :
– un livre de fantasy court mais dense
– une histoire humaine avant une histoire de magie
– un style qui sort du lot











