Publié dans Fantasy, Jeunesse, PLIB 2022, Policier

Les dossiers du Voile – Adrien Tomas

De quoi ça parle ?

Bienvenue dans le monde du Voile !

Lieutenant de police au sein de la Brigade de régulation des espèces méta-humaines de Paris, Tia Morcese a beaucoup de mal à faire respecter l’ordre et la sécurité… et surtout à éviter que druides, nécromanciens, loups-garous et autres espèces méta-humaines révèlent leur existence au reste du monde.

À côté de son impressionnante grande sœur, Mona pourrait presque passer pour une ado normale. Pourtant, l’apprentie sorcière est loin d’avoir les yeux dans sa poche ! Et quand elle tombe sur des informations clés qui pourraient faire avancer les affaires en cours de Tia, elle n’hésite pas une seconde à suivre ses propres pistes.

Mais le monde du Voile n’est pas sans danger…

Et c’est bien ?

Le récit propose une enquête, avec en toile de fond un Paris où vampires, trolls, fées, loups-garous et compagnie évoluent parmi les humains. Le Voile désigne le fait de garder secrète l’existence de la magie aux yeux du commun des mortels.

Le lecteur suit les tribulations de la famille Morcese, connue pour être une famille de sorciers et sorcières, celle de la Grande Enchanteresse de Paris. Sept mômes d’âges et de tempéraments variés, et une maman qui part voir ailleurs en début d’ouvrage, coucou la famille Malaussène. C’est assumé et il faut avouer que c’est assez rigolo et bien pensé.

Le style de l’auteur est très plaisant. Fluide et efficace, il déroule l’aventure et enchaîne les rebondissements. Les personnages sont plutôt attachants.

Pour le reste, je suis carrément restée sur ma faim. L’univers décrit m’a donné une impression de déjà vu, amateurs, amatrices du Paris des merveilles ou de A comme association, on est complètement dans le même genre de contexte, clins d’oeil culturels (un peu trop) présents compris.

Côté intrigue policière, un peu comme pour les assassins de Vaisseau d’Arcane, dur de lire que l’enquêtrice est une des meilleures quand les ficelles sont si grosses. J’ai bien senti dans cette lecture que l’histoire ne se prenait pas au sérieux, mais il m’a clairement manqué à manger, j’attendais un peu plus consistant.

Le tout est parsemé d’humour, un peu trop lourdement, et de messages auxquels j’adhère, certes – personnages féminins, casse des stéréotypes de genre ou de la violence qui résout tout – mais l’ensemble a un côté très appliqué ; j’avoue, j’aurais aimé davantage de subtilité. Néanmoins je trouve plutôt positif de trouver tout ça dans un bouquin destiné à la jeunesse à l’heure où je croise trop souvent à mon goût des modèles de jeunes filles maltraitées oklm parce que c’est leur amoureux, donc tout va bien.

Une aventure qui ne brille pas par son originalité, mais qui se laisse lire sans déplaisir.

Note : 2.5 sur 5.

Infos livre :
Editeur : Fleurus
Année d’édition : 2021
#ISBN9782215174424

Publié dans Coups de coeur, Fantastique

Notre-Dame des loups – Adrien Thomas

Résumé : 1868, aux confins de l\’Amérique, les Veneurs, une petite troupe d\’hommes et de femmes sans foi ni loi, aux armes forgées d\’argent, l\’âme froide comme l\’acier, parcourent les immensités de l\’Ouest sauvage. Ils s\’enfoncent dans les vastes forêts que seuls les Indiens et les pionniers arpentent. Ils connaissent leur mission : elle pue le sang et la mort. Au loin, les premiers hurlements se font entendre ; la chasse commence. Une chasse pour abattre leur plus terrible ennemie : Notre-Dame des loups.



Avis : De très bons avis lus sur ce livre m\’on poussé à le lire, bien que la perspective de parcourir l\’Ouest et le 19e siècle américain ne me disaient guère. Et pourtant, parfois, on fait fort bien de mettre de côté ses a priori


Trame 

Une des premières choses qui m\’ont plues : la traque de loups-garous. Parce que dans le fond, les loups-garous sont des créatures que j\’apprécie beaucoup, de par leur lien profond avec la nature. Un peu comme un être-humain qui aurait renoué avec la nature. On a d\’ailleurs une très belle scène de transformation où l\’auteur fait apparaître cela : le plaisir de renouer avec des instincts puissants et anciens. C\’est toujours avec plaisir que je lis les livres qui les mettent en scène, d\’autant plus qu\’ici, rien n\’est laissé au hasard, et que le lycanthropisme et son histoire sont insérés de manière très intéressante dans l\’histoire.
Ensuite viennent le principe des Veneurs et leur organisation, les particularités de chacun. La Vénerie est une tradition humaine qui s\’est développée avec l\’apparition du lycanthropisme dans notre monde. Une sorte d\’organisation secrète, avec ses \ »rites\ », sa propre manière de fonctionner, et ses beaux rouages bien huilés pour être efficace. Suivre les aventures de Jack et ses Veneurs, combiné à l\’aspect survie dans les immensités glacées, environnés de loup-garous est un vrai plaisir. On frissonne lorsque les loups-garous apparaissent et lorsque Evangeline et son pack de chiens dressés spécialement se mettent en place. L\’histoire est toute en temps en forts, où on se ronge les ongles et où l\’ont est plongé nous aussi, lecteur, dans la traque, dans une atmosphère tendue et ouatée par l\’omniprésence de la blancheur neigeuse. Jusqu\’à la fin.
L\’épilogue, qui narre comment Notre-Dame des loups est devenue ce qu\’elle est, était peut-être dispensable. La façon dont il est narré rompt le charme du reste, et, au fond, savoir comment tout à commencé ne m\’intéressait pas spécialement. Notre-Dame des loups, cheffe suprême des loups-garous, avait une part de grandeur et de mystère, et cette épilogue me l\’a enlevée. Un peu de la même manière que la prélogie Star Wars a tué Dark Vador…


Personnages

La découverte des personnages est progressive à travers les différents chapitres. Un chapitre est consacré à chacun, et se termine de manière particulière, je vous laisse découvrir. Le procédé est d\’autant plus appréciable que l\’on entre dans les pensées de chacun, et que par cette façon de faire, l\’auteur nous les rends plus proches. Là où parfois, observer le même personnage par le biais des yeux d\’un autre nous l\’avait rendu froid et inhumain. J\’ai eu un coup de coeur pour les eux femmes de la Vénerie : Evangeline et son pack, et surtout, Waukahee, l\’Indienne qui les rejoindra.


Style

Le style de l\’auteur est très appréciable et suffisamment fort pour donner toute sa personnalité à chaque personnage. L\’auteur sait ménager ses effets, et comme dit plus haut, hormis l\’épilogue où l\’on rompt assez abruptement avec le reste du texte, la plume est efficace et belle à lire.



Le mot de la fin : Excellent moment de lecture. Très court mais intense et très plaisant. Auteur et texte à découvrir.
C\’est du bon !
Publié dans Fantasy

Mercy Thompson, tome 2 : Les liens du sang – Patricia Briggs

Résumé : La mécanicienne auto Mercedes Thompson a des amis un peu partout… y compris dans des tombeaux. Et elle doit une faveur à l\’un d\’entre eux. Pouvant changer de forme à volonté, elle accepte de prêter main-forte à son ami vampire Stefan pour remettre un message à un autre mort-vivant. Mais ce vampire inconnu est loin d\’être ordinaire… tout comme le démon qui le possède.


Avis : Avec Femmes de l\’Autremonde, de Kelley Armstrong, Mercy Thompson était la deuxième saga à pouvoir se targuer de m\’avoir fait voir la bit-lit sous un autre jour. Certes, cela reste des histoires bon enfant, mais au moins n\’y avais-je pas retrouvé les travers que j\’avais croisé chez Richelle Mead ou autres : des héroïnes pseudo-femmes fortes passant leur temps en considérations sur leurs charmes et vulgaires. Du coup, c\’est avec plaisir que j\’ai retrouvé la mécano un brin garçon manqué de Patricia Briggs, prête à me lancer à nouveau dans une de ses enquêtes fantastiques, peuplées de loups-garous lourds et de vampires inquiétants. 

Je dois dire que dans ce deuxième tome, j\’ai rongé mon frein. Pendant le première moitié, l\’auteure ne décolle pas de considérations sur Mercy, interdite par ses amis lupins de participer à la traque d\’un vampire démonologue. Du coup, on a droit à deux cents pages sur le fait que Mercy s\’ennuie en réparant des voitures et en réconfortant des pères en détresse. Rien de très intéressant, en somme. 

Passé la moitié, les choses ont été un peu mieux. L\’auteure a su donner un second souffle à son bouquin en plongeant le lecteur dans un univers sombre, glauque et moite, et Mercy prend les choses en mains : elle part à la chasse aux vampires. Patricia Briggs réunit tous les ingrédients qui font contribuent au plaisir de regarder de vieux films d\’horreur : l\’ambiance, les cryptes inquiétantes, les corps pâles dormant le jour. Les sentiments de l\’héroïne sont plutôt bien traduits.

L\’auteure laisse, enfin, le lecteur sur quelques pistes qui pourraient être intéressantes lors des prochains tomes : Wulfe, le vampire sorcier, ou encore les pouvoir de Mercy, qu\’elle découvre à peine. 

Dans l\’ensemble, le style reste efficace sans toutefois casser la baraque. L\’histoire est fluide et se lit avec plaisir, quand l\’auteure arrive à mettre des choses intéressantes dedans. Je reste un brin déçue par rapport au premier tome, qui proposait un rythme plus enlevé, même si je ressors du deuxième avec enthousiasme : l\’auteure a su rattraper ses \ »bourdes\ » du début. Du coup, je ne dis pas non à lire la suite…


Appréciation

Sympa…

Challenge des 52 semaine : 4/11 (32. Des tatouages)

Publié dans Fantasy

Morsure (Femmes de l\’Autremonde, tome 1) – Kelley Armstrong

Résumé : Elena Michaels est un loup-garou et la seule femelle de son espèce. Voilà qui n\’est déjà pas banal. Mais en plus. elle fait tout ce qu\’elle peut pour être normale. Elle voudrait une vie ordinaire, sans ses désirs inhumains, sa sauvagerie, sa faim et ses instincts de chasseuse. Mais la Meute fait appel à elle, Enfreignant les lois du clan. des déviants menacent de dévoiler leur existence. Elena obtempère, car la loyauté du sang ne se discute pas. Et au cours de son combat. elle découvrira sa vraie nature…
Avis : Voilà bien longtemps que je n\’avais pas lu de bit-lit, fâchée avec le genre après ma lecture du premier tome de Cygne Noir. J\’y avais trouvé des caricatures de personnages qui ne m\’avaient guère plu et un scénario plat et sans intérêt. C\’est finalement une lecture commune avec La Magye des mots qui m\’a fourni l\’occasion de tenter une nouvelle lecture bit-lit, lecture vers laquelle, je ne vous le cache pas, je suis allée plutôt à reculons. Et au final, je dois dire que l\’expérience n\’a pas été si désagréable que ça…

Les premières lignes du résumé n\’avaient pourtant pas de quoi rassurer : Elena Michaels, seule femelle loup-garou existant. De quoi redouter l\’histoire, pour qui n\’aime pas les scènes de sexe gratuites. En revanche, l\’idée de la recherche d\’identité de l\’héroïne, entre son humanité et son côté loup-garou promettaient une histoire intéressante, si l\’auteur trouvait la bonne manière d\’exploiter l\’idée. Et ç\’a été le cas. Sans proposer un texte extrêmement riche et complexe, Kelley Armstrong réussi à proposer une histoire basée sur cette dualité de son personnage principal, et à mener de front une intrigue, sinon originale, tout à fait passionnante. Le lecteur apprend donc à connaître Elena et sa difficulté à vivre une vie normale en raison de son lycanthropisme, la Meute et ses différents éléments.

L\’idée de départ ? Un groupe de loup-garou, appelé la Meute et ayant développé une sorte d\’éthique de comportement du loup-garou, tente de lutter contre les cabots, c\’est-à-dire des loups-garous solitaires, et leurs actes criminels, qui pourraient mettre les humains au courant de l\’existence de leur espèce. La Meute va devoir faire face, dans ce premier tome, à une \ »alliance\ » de cabots, dont certains cherchent à gagner un territoire, d\’autres à récupérer la seule femelle de leur espèce, d\’autres encore à s\’émanciper du contrôle que les compagnons d\’Elena exercent sur eux. En somme une simple histoire de rivalité et de lutte entre deux camps, mais que l\’auteur saura parfaitement exploiter à travers de multiples rebondissements simples et efficaces, sans jamais tomber dans la facilité qui consisterait à se servir de ses personnages lycanthropes afin de sortir d\’une impasse narrative.

Les personnages quant à eux, sans que leurs schémas initiaux soient très originaux, restent tout de même suffisamment développés et fouillés pour que l\’auteur s\’attache à eux rapidement. Les divers membres de la Meute possèdent leur caractère propre et les relations que l\’auteure tisse entre eux sont tout à fait cohérent. Entre le fougueuse Elena, qui cherche à nier sa véritable nature afin de s\’intégrer au monde des humains, Clayton, son ancien compagnon prompt aux actes irréfléchis, Jérémy, le sage Alpha de la Meute, ou Antonio et son fils Nick, le lecteur ne trouvera des personnalités travaillées et différentes, toutes attachantes. Les personnages secondaires tels que les cabots ou les personnages humains ne sont pas non plus délaissés.

Enfin, côté style, Kelley Armstrong propose un texte simple et efficace, au vocabulaire relativement développé, facile à lire sans pour autant paraître fade. Et surtout, exempt de scènes de sexe détaillées destinées à appâter le lecteur en rut (nous ne re-citerons pas le livre du début, mais sachez que celui-ci, ce genre de scènes et les héros décervelés ne sont pas étrangers à mon dégoût initial pour tout ce qui est classé en bit-lit…).

En somme, un livre qui m\’a en tous points satisfaite, en proposant un contenu travaillé et prenant. En ce qui me concerne, il s\’agit d\’un début de réconciliation avec le genre bit-lit. Je compte bien suivre les autres ouvrages de l\’auteure, et tenter d\’explorer plus avant et prudemment d\’autres livres du genre.

En attendant, Morsure est sans conteste un livre que je conseille à tout le monde, jeunes comme moins jeunes, en quête d\’un texte soigné et efficace, sans prise de tête.

Appréciation :
C\’est du bon !