Publié dans Science-fiction

La controverse Zara XXIII – John Scalzi

Prospecteur indépendant sur une des planètes minières de la toute-puissante compagnie Zarathoustra, Jack Holloway découvre un filon d’innombrables pierres précieuses dont une seule suffira à le mettre quelque temps à l’abri du besoin… si les avocats de son client ne trouvent pas le moyen de l’en déposséder. Le même jour l’alarme de son domicile se déclenche. On s’est introduit chez lui. S’agit-il d’un cambrioleur ? Non ! L’intrus se révèle être une adorable boule de poils d’une espièglerie confondante. Mais sans doute ne vit-elle pas seule sur cette planète… Bientôt, les cadres de la compagnie s’avisent du problème : si le petit peuple à fourrure de Zara XXIII est doué de raison, c’en sera fini de l’exploitation de son sous-sol par une entreprise étrangère. A leurs yeux, la solution est simple : tout faire pour que ne soit pas reconnue cette intelligence. Ainsi débute La controverse de Zara XXIII.

Un excellent ouvrage de Scalzi, que je commence à prendre plaisir à lire. Après un flop avec Le vieil homme et la guerre et un coup de coeur avec Les enfermés, retour sur un troisième ouvrage de cet auteur.

D’emblée, ce qui me plaît beaucoup chez Scalzi, c’est le côté très simple de la lecture et de la mise en scène. C’est très facile d’accès, on trouve pas mal de dialogues, une aventure qui propose des rebondissements et qui emmène joyeusement le lecteur à sa suite.

Mais derrière un récit qui paraît très facile, les thèmes abordés ne sont pourtant pas du tout au rabais. Ecologie, respect de la vie, dénonciation des intérêts financiers de groupes titanesques au détriments de nombreuses espèces. Sous un aspect simple, Scalzi s’en donne à coeur joie, de manière particulièrement savoureuse qui me rappelle un Henri Tachan ou un Pierre Perret : au travers de phrases gentillettes bien vitriolées, ça taille du short à tout va. Humour grinçant à souhait et petites piques bien placées donnent des passages assez savoureux. Comme ce passage où Holloway renégocie son contrat avec son responsable, ou la phrase bien sentie de la juge sur le passé colonial des Etats-Unis.

Les personnages mis en scène sont fort sympathiques, à commencer par Holloway, qui tient le profil-type de l’emmerdeur de service. Dans une situation où des conflits d’intérêts multiples rendent les choix difficiles, on ne sait jamais vraiment si notre (anti-)héros est un salopard ou non, ni s’il va prendre des décisions égoïstes que morales. La façon dont il se paie régulièrement la fiole de ceux qui lui cherchent des noises est fort agréable et on sent que l’auteur se fait plaisir en taclant au passage tout ceux qu’il dénonce. Même si dès le départ, ce personnage acquiert sans trop de souci un capital sympathie assez important à travers la manière dont il considère son chien, Carl.

Les deux autres personnages qui tiennent le haut de l’affiche, Isabelle, biologiste employée par la compagnie, et son compagnon, Sullivan, sont eux aussi très attachants. En tant qu’ancien compagnon d’Isabelle, le lecteur aurait pu croire, au vu du personnage qu’est Holloway, à des passages houleux entre lui et le fameux Sullivan, avocat. L’auteur développe au contraire entre eux deux une relation intéressante, drôle, complice, qui en plus d’Isabelle, donne un trio très intéressant et que j’ai eu grand plaisir à suivre.

Le déroulé de l’histoire est sans temps mort ; Scalzi découpe l’histoire en deux scènes distinctes : les découvertes de Holloway et les choix qui s’offrent à lui, et les dilemme et tentatives de magouilles opérées par ses patrons et leur capitaslime destructeur. Le lecteur va et vient de l’un à l’autre, en se demandant quel choix fera le prospecteur. Et c’est avec ces attentes que l’auteur joue habilement.

Plusieurs temps forts également, dont un qui m’a serré le coeur ; ainsi qu’une fin en apothéose, peut-être un peu longuette. Scalzi prend le parti clairement assumé de la résolution de l’épisode de série policière américaine : le procès et la plaidoirie, qui verra ou non les vilains acculés. Là encore, l’auteur se fait plaisir, et il est vrai que ce sont des instants assez jubilatoires.

Une excellente lecture donc, effectuée en co-lecture avec Florent (son avis ici), avec qui j’ai pu avoir de super échanges et m’amuser à pointer les facéties de Scalzi. Merci pour ce partage de lecture ! 😀

A lire si vous cherchez :
– de la SF qui traite de thématiques écologiques coincées par des enjeux financiers
– des êtres extra-terrestres fluffy-mignons
– un héros baratineur et relou, mais sympathique malgré tout

Note : 4.5 sur 5.

3 commentaires sur « La controverse Zara XXIII – John Scalzi »

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