Publié dans Science-fiction

La Route – Cormac McCarthy

Résumé : L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.
Avis : Voici un livre qui marque à vie. Un de ces livres qui grandissent humainement le lecteur, qui les bouleverse et les changent profondément. J\’ai cru que je regretterai cette lecture, tellement j\’ai lu et entendu de témoignages sur le mal-être qu\’elle induit. Mais au final, j\’ai plutôt l\’impression d\’en être sortie grandie.

Le fait que l\’on n\’ait pas de dialogue, pas de nom pour les personnages, aucune explication retranscrit bien cette idée d\’un monde passé, perdu, moribond depuis on ne sait combien de temps, qui disparaît lentement sous la cendre, dans un silence terrifiant.

D\’un bout à l\’autre on ne peut s\’empêcher de se demander : mais comment les personnages, cet homme, cet enfant, peuvent-ils vivre ? Combien de temps encore ? Comment peuvent-ils continuer ? Il n\’y a plus rien. Plus personne, plus de but, plus de vie. Et pourtant on ne peut s\’empêcher d\’admirer ces deux êtres qui ont la vie chevillée au corps et qui continuent à cheminer.

Tout ça, on ne peut s\’empêcher de le ramener à soit : qu\’est-ce que je ferais ? Aurais-je la force ? Et ce rapport constant à la perte du parent ou de l\’enfant (et en plus quand on est parent, je trouve ça encore plus angoissant – je ne suis pas sûre que ce livre aurait eu une telle portée sur moi quelques années en arrière).

Les personnages sont très forts, entre l\’homme qui avance, qui protège, qui préserve. Avec l\’enfant, son enfant, son garde-fou. Très certainement ce qui le raccroche à la vie, ce qui lui permet d\’avancer. C\’est encore l\’enfant qui l\’empêche de sombrer dans l\’inhumanité.

La chute est extraordinaire. Et, si elle apporte un brin de lumière sous toute cette cendre, je n\’ai pu m\’empêcher de la trouver d\’une mélancolie et d\’une tristesse abyssales. J\’en ai pleuré.

Un très, très chouette livre. Dont je garde la teneur profondément ancrée en moi, malgré tout le désespoir qui en découle. La vie est là.
A lire.
Coup de coeur

Un commentaire sur « La Route – Cormac McCarthy »

  1. Merci pour ce beau billet, qui fait écho à mes émotions avec beaucoup de justesse. Oui, on est plus tout à fait la/le même après cette lecture bouleversante, le feu de ce texte reste imprimé en nous…

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