Publié dans Science-fiction

Fragment – Warren Fahy

Résumé : Imaginez : il y a 500 millions d\’années, un fragment du continent originel part à la dérive au coeur du Pacifique. Là, une faune et une flore frénétiquement vivantes vont se développer en suivant des règles d\’évolution qui défient toutes les théories scientifiques. Et lorsque, de nos jours, un navire aborde Pour la première fois cette île étrange – peuplée de formes de vie aussi dangereuses que stupéfiantes, le choc du face-à-face va nous conduire dans un monde que nul n\’aurait pu concevoir.


Avis : Fragment était un bouquin qui me faisait envie depuis un petit moment. Après lecture de son résumé, le sujet d\’une île sur laquelle la vie aurait évolué de manière tout à fait différente de celle de notre écosystème m\’intéressait bien. L\’aspect biologie et la curiosité de savoir quelles créatures bizarres la créativité de l\’auteur aurait engendrées me plaisait pas mal. Une sorte de Monde perdu, où la nature n\’avait là aussi jamais connu l\’homme. 

L\’histoire s\’ouvre sur plusieurs scènes filmées pour les besoins d\’une émission de télé-réalité dans laquelle les participants doivent visiter les coins les plus aventureux du globe. Ces scènes sont évidemment dévolues à présenter les différents personnages au lecteur. Zéro, le caméraman, Nell, la biologiste embarquée juste pour avoir l\’opportunité possible de visiter l\’île de Henders – le fameux fragment de continent. Cynthea, l\’insupportable directrice de l\’émission. Glyn, professeur en biologie, Andy, Dawn et compagnie, sans oublier le chien, Copepode. 

La première entrée dans le livre n\’est pas facile. Le style de l\’auteur est on ne peut plus scolaire ; cela combiné au fait que pratiquement pas grand-chose ne se passe durant les cinquante premières pages rend la lecture assez ennuyeuse. On apprend que tout le monde sur le bateau est séduisant, et on assiste à des passages assez énervants, lorque Cynthea tente par tous les moyens de relancer l\’audience de son émission. Cela dit, même une fois le débarquement sur l\’île de Henders effectué, le déroulement des événements ne m\’a pas spécialement convaincue. 

Pour commencer, ce bouquin m\’a fait l\’effet d\’un panneau publicitaire en forme de livre. Toutes les deux pages, le lecteur a droit à au moins une citation de marque. Plus agaçant encore, Nell ne perd pas une basket lors d\’une poursuite, mais perd une \ »Adidas\ », Untel n\’allume pas de cigarette mais telle marque. Ce travers laisse l\’impression assez désagréable que l\’auteur s\’exprime comme un enfant qui a du mal à faire la part entre la réalité des choses et les marques, le côté vitrine et commercial de l\’ensemble. Autre travers qui m\’a crispé à chaque fois que j\’en ai lu : les personnages savent rarement commencer leurs phrases par autre-chose que de multiples \ »Waouh\ » et \ »Waouh mon pote\ ». Deux, trois fois ça va, pendant tout le livre, là encore, cela donne plutôt une impression de puérilité. 

La découverte de l\’île de Henders est plutôt bien pensée, de même que les développements sur l\’évolution de cet écosystème. Le tout est entretissé d\’interludes sur des éléments particuliers de notre propre écosystème : l\’horloge biologique, la durée de vie des êtres vivants, la nécessité de reproduction… Ces passages sont intéressants. Je ne m\’attendais pas à ce qu\’ils soient si détaillés, mais au final, c\’est un peu ce que j\’attendais : mener des caractéristiques scientifiques de notre planète vers de la science-fiction, un peu à la Michaël Crichton. 

Malgré tout, là encore, quelques défauts sont venus gâcher ma lecture : on voit que l\’auteur est passionné par les sujets qu\’il traite. Tant mieux pour le lecteur qui s\’y intéresse aussi, il est servi. Mais comme évoqué plus haut, le style ne casse pas des briques, et Warren Fahy a parfois tendance à s\’embarquer dans des tartines qui finissent à la longue par lasser le lecteur. L\’un des personnages, Geoffrey Binswanger, est biologiste et se lance dans ce qu\’il appelle des \ »discussions au lance-flammes\ » dans lesquelles il expose des théories scientifiques qu\’il pousse à l\’extrême dans le but de lancer des débats. Les tirades de Geoffrey sont de celles qui sont à la fois intéressantes et ennuyeuses tant elles durent. Et, nouvelle déception, le \ »débat\ » n\’est que peu élevé, les collègues du biologiste répliquent de manière très pauvre, et finissent souvent la discussion sur des vannes plus ou moins foireuses. 

Les personnages quant à eux sont attachants, mais sans grande surprise. De gros stéréotypes pas désagréables à suivre, si ce n\’est que THE gros méchants n\’est pas du tout crédible, ses motivations ne le sont pas non plus, pas plus que ce qu\’il tente à l\’encontre des héros. Sans compter quelques incohérences qui laissent parfois le lecteur perplexe en plein milieu d\’un paragraphe. 

La fin est bon enfant et très sympa. Sur ce point-là, l\’auteur ne s\’est pas trop loupé : impossible de lâcher les cent dernières pages. Mais là encore, sur un événement un peu facile (je ne révèle pas lequel pour ceux qui souhaitent lire le livre).

Brefouille. Par rapport à ce que j\’attendais, je suis franchement déçue. Fragment a plus des allures de scénario de film que de livre. La partie biologie du bouquin est sans doute ce qui m\’a le plus intéressée, et je regrette franchement que le contexte ait été aussi pauvre. Il paraît qu\’un film est prévu. J\’imagine bien le genre de gros blockbuster à la Avatar, évidemment en 3D. Pas vraiment mon trip. 

Livre à conseiller surtout aux amateurs de films parsemés de gros boom.


Appréciation

Sympa mais sans plus..



Challenge des 52 semaines : 1/11  
(47. Une mer ou une grand étendue d\’eau)

4 commentaires sur « Fragment – Warren Fahy »

  1. Ton passage sur le panneau publicitaire et les phrases \ »waouh\ » machin, ca m'a rappelé\ » Cinquante Nuances de Grey. Parce que dedans, Anastasia elle se voit offert un Macbook un Blackberry, Grey y conduit telle voiture xD…. Et en plus. Ana dit toujours \ »holy shit !\ » \ »holy cow !\ » etc.

    J’aime

  2. J'ose, j'ose pas… je sors à peine de ma web-hibernation et vu que ma dernière tentative de message via ta rubrique \ »me contacter\ » n'a pas été couronnée d'un franc succès, je te laisse ici, un de mes mails (erkbrunbrun@hotmail.fr).En espérant que malgré tout ces chassés-croisés on arrive à reprendre contact (au fait étant amateur de \ »gros Booms\ » il faudrait peut-être que je me penche sur ce \ »Fragment\ »?)-Keogh

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s